Le futur Télescope de Trente Mètres (TMT), dont la construction à Hawaï est contestée par les groupes autochtones et environnementaux locaux, pourrait changer d’île et même d’océan : une proposition alternative présentée cette semaine le place sur une montagne des îles Canaries, dans l’Atlantique.

Projet d’un milliard et demi de dollars financé par cinq pays, dont le Canada, il est depuis 2014 la cible d’opposants, qui allèguent que le Mauna Kea est une montagne sacrée. Abritant déjà 13 télescopes, elle aurait subi assez d’assauts. Le débat s’inscrit aussi dans une résurgence de la culture hawaïenne et de la volonté d’autodétermination, après plus d’un siècle d’oppression.

Plusieurs ont cru qu’un compromis, trouvé en mai 2015, résoudrait la controverse : poursuivre la construction du TMT, mais démanteler trois des autres télescopes d’ici 10 ans. Or, les contestations continuent d’affluer devant les tribunaux, d’où la proposition de déménagement. Il pourrait s’écouler des mois avant qu’une décision ne soit prise.

Du côté des Canaries, il est moins probable qu’un groupe autochtone puisse s’opposer : les Guanches, qui habitaient les îles au moment de l’arrivée des Européens au XIVe siècle, ont été en partie éradiqués par les conquérants espagnols et leur culture s’est fondue au sein de la population locale. Situées au large du Maroc, les îles Canaries appartiennent toujours à l’Espagne.