Pourquoi utiliserait-on un médicament destiné aux diabétiques pour traiter les patients atteints de Parkinson ? Parce qu’il aurait un effet bénéfique sur le cerveau.

L’exénatide, utilisé dans ce médicament, est une molécule qui active des récepteurs présents dans le foie, dans le but de produire de l’insuline dans le pancréas. Or, depuis peu, on a aussi découvert qu’elle agissait sur le fonctionnement de la dopamine dans le cerveau. Et le problème du Parkinson est la diminution de dopamine, qui fragilise les cellules nerveuses de manière progressive, mais irréversible.

Des chercheurs du Collège universitaire de Londres ont publié des résultats la semaine dernière dans The Lancet, sur les effets de cette molécule sur des patients atteints de Parkinson. Trente personnes qui ont pris le médicament pendant 48 semaines ont vu la maladie diminuer en moyenne d’un point sur l’échelle utilisée de 132 points, alors que chez le groupe prenant un placebo, la maladie avait progressé de 3 points. Après un arrêt du traitement de 12 semaines, le bénéfice de l’exénatide se maintenait.

« On peut dire avec un niveau de certitude raisonnable que le médicament ralentit la maladie, avec seulement une petite quantité. » a confirmé le neuropharmacologue David Dexter au New Scientist. Plusieurs études devront toutefois être encore menées pour confirmer cet effet. 

- Virginie Montmartin, journaliste scientifique