L’idée que la Corée du Nord dispose à présent d’un missile capable d’atteindre l’Amérique du Nord n’est pas rassurante, mais cela ne signifie pas qu’une bombe atomique pourrait vraiment atteindre l’Amérique du Nord : plus c’est lourd, moins le missile peut aller loin.

Les réserves émises en ce sens viennent d’experts, non pas en armes nucléaires ou en politique, mais en mathématiques. Bien qu’on sache très peu de choses sur la technologie nord-coréenne, déduire la portée d’un missile à partir de sa trajectoire est à la portée de ceux qui ont gardé quelques souvenirs de leurs cours de physique à l’école. Ainsi, dans le cas du missile du 28 novembre — qui était le troisième test d’un missile intercontinental —, on sait que celui-ci s’est élevé jusqu’à 4475 km (un record), avant de retomber dans la mer du Japon, à 950 km de son point de départ. Ce qui, s’il s’était agi d’une trajectoire plus directe, lui aurait permis d’atteindre Washington — ou Montréal. Sauf que, explique par exemple l’expert en armes nucléaires Philip Coyle dans le magazine Wired, ce missile était largement une coquille vide : une bombe atomique du calibre que semble posséder la Corée du Nord pèse, au bas mot, 1000 kilos. Du coup, la portée du missile s’en trouve réduite de moitié, évalue le physicien David Wright, de l’Union of Concerned Scientists. Assez pour menacer les pays d’Asie, mais pas pour traverser le Pacifique. Assez, toutefois, pour donner un pouvoir de négociations supplémentaire à la Corée du Nord…