Quelle forme une fleur peut-elle prendre et ne pas prendre ? C’est une des énigmes auxquelles pourrait répondre un projet international visant à comprendre à quoi ressemblait la toute première fleur — et ce projet s’appelle, eh oui, eFLOWER.

Mélange de génomique, de botanique, de modèles statistiques, d’imagerie et de plongée dans d’immenses bases de données : cet effort international tente de reconstituer l’arbre généalogique des plantes à fleurs, dans le but de découvrir leur ancêtre commun. Par exemple, une étude parue le 31 janvier et dirigée par un spécialiste russe de la morphologie des plantes, suggère que les structures de l’appareil reproducteur de cet ancêtre auraient été différentes de celles que l’on connaît aujourd’hui. Mais il y a du chemin à faire avant d’en arriver à un consensus, parce qu’en attendant, même les méthodes de recherche ne font pas l’unanimité : jusqu’à quel point, demande ce reportage de la revue Nature, des modèles mathématiques sont-ils fiables pour résoudre des mystères biologiques ?

D’autant que la plante à fleurs est tout à la fois un détour de l’évolution, et un succès sans précédent : les premières plantes à graines étaient apparues il y a environ 350 millions d’années, mais ce n’est que 200 millions d’années plus tard, estiment les experts, que sont apparues les premières plantes à fleurs… ce qui n’empêche pas celles-ci de représenter aujourd’hui 90 % des espèces végétales vivant sur la terre ferme.