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Une agriculture plus verte grâce aux OGM?

Equipe OGM, le 25 février 2011, 0h19

Des poulets ne transmettant pas la grippe aviaire, des pommiers résistants aux parasites et un porc « vert » qui digère mieux le phosphore; le potentiel des organismes génétiquement modifiés est énorme. Tandis que peu d'études concluantes démontrent les effets nocifs des OGM, d'autres chercheurs, au Québec, se concentrent sur les avantages qu'ils apportent à l'environnement.

champ

Selon une étude subventionnée par le ministère du Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, on a démontré que les stratégies de désherbage à base d'OGM, comme le RoundUp, à un moindre impact sur l'environnement que celles basées sur les herbicides utilisés dans les champs traditionnels.

On a calculé le Quotient d'Impact Environnemental (QIE), qui quantifie l'effet d'un herbicide sur différentes facettes de l'environnement. À partir de données sur les effets sur les insectes (sa toxicité) et sur le temps nécessaire à sa dégradation (son comportement), on obtient une valeur. Plus elle est élevée, plus il en résulte un impact négatif sur l'environnement.

Les résultats de la recherche parlent d'eux-même. La valeur de toxicité pour un agriculteur employant le désherbage par OGM est de 13,8 (RoundUp). La résistance aux insectes et aux intempéries des cultures de champ OGM font en sorte qu'il devient inutile d'employer de l'insecticide. Comparativement, les herbicides utilisés dans les champs traditionnels ont un indice de toxicité de 36,5 (Marksman) et de 48,4 (Primextra), ce qui résulte en un impact plus nocif pour l'environnement. Par contre, si le RoundUp est jumelé avec un autre herbicide, comme Marksman ou Primextra, sa valeur sera la plus élevée de tous.

Une agriculture transgénique pour le futur
Moins de pesticides utilisés, moins de labour, des pesticides moins toxiques et une production agricole accrue, les OGM pourraient devenir l'alimentation du futur, ou du moins, une partie de la solution. Avec une population de 9 milliards d'humains en 2050, la production agricole planétaire devra doubler pour subvenir aux besoins de tous. Les organismes génétiquement modifiés permettront d'obtenir des récoltes abondantes mais surtout, résistantes aux changements climatiques.

Bien sur, on en sait encore peu sur l'impact des OGM à long terme, et les chercheurs devront continuer à évaluer les effets sur les humains et l'environnement pour nous guider vers des solutions durables et sans impact nocif sur notre vie.
______________
L'étude sur l'Impact environnemental des cultures transgéniques cultivées au Québec:
http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/biosecurite/PARDE-02-11.pdf

Julie Brunet

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.

3 commentaires

Portrait de fpiron

Ce billet est étonnamment peu critique face à l'industrie des OGM. On dirait un article promotionnel pour Monsanto, le fabricant du RoundUp. Les pratiques commerciales extrêmement douteuses et sans scrupule de Monsanto ont été parfaitement démontrées dans l'enquête de Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto. Shiv Shopra, le vétérinaire de Santé Canada qui osé s'opposer à un de leurs produits (hormone de croissance bovine) en sait quelque chose, de même que Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'Université de Caen, Président du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), qui travaille sur les effets toxiques sur la santé humaine du RoundUp et du maïs transgénique.. Il a mis en doute des résultats d'études produites par Monsanto pour prouver l'innocuité de ses produits (études biaisées, insuffisantes, trop courtes, peu transparentes) et a été ensuite victime d'une campagne d'intimidation de la part de l'industrie. Le 23 novembre dernier, ce "lanceur d'alerte" a osé se rebeller et poursuivre en diffamation l'Association Française des Biotechnologies Végétales, regroupement d'industries. Le 18 janvier, cette Association a été condamnée pour diffamation envers ce chercheur qui se préoccupe avant tout de la santé humaine.
Présenter un domaine scientifique est important, mais parler des OGM sans mentionner l'industrie et ses pressions sur les chercheurs pour faire taire les critiques, c'est vraiment inacceptable.

Post-scriptum sur l'éthique journalistique: ce n'est pas parce qu'un journaliste résume une étude qu'il ou elle doit faire abstraction de sa connaissance du contexte et de son esprit critique. S'il ou elle veut véritablement informer son public, son texte ne peut pas faire la promotion d'une industrie ou ne présenter qu'une seule expertise. C'est ce croisement d'information éclairée et analysée qu'on attend des journalistes.

Portrait de Equipe OGM

@Florence Piron:
Désolé que vous en ayez été ofensé, mon optique visait le contexte de l'alimentation du futur par OGM et non pas l'éthique de l'industrie agricole. Évidemment, l'un ne va pas sans l'autre, mais je ne mentionnerai certainement pas Monsanto à chaque billet sur les OGM que je ferai quand je présente un point ''bénéfique''. Et mon intention n'est certainement pas de promouvoir cette industrie.

Évidemment, il y a plusieurs recherches faites par des organismes privés pour présenter les effets bénéfiques ou pas, subventionnés par la compagnie. La vérité est dure à trouver dans ce domaine, et elle n'existe sûrement pas à nos jours. Que peut-on vraiment savoir du vrai et du faux si toutes les informations sont biaisées? Je n'ai pas que mis du positif, j'ai aussi écrit qu'un agent comme le RoundUp, mélangé à une méthode de désherbage traditionnelle est encore plus toxique que le reste. Je n'en fait pas les louanges.

Moi, je trouve ingénieux que des scientifiques travaillent toute leur vie à vouloir créer des options et des solutions à différents aspects de la vie agricole et environnementale. Et le problème, c'est ça. Le meilleur moyen de démolir le potentiel bénéfique d'une découverte scientifique, c'est de le laisser entre les mains d'une multinationale. J'encourage les découvertes, mais je n'encourage pas les façons de faire des grosses compagnies multinationales. J'espère que ceci explique mieux mon blogue sur ''OGM: L'alimentation du futur?''. C'est une question qui, selon moi, se dirige vers un contexte de l'impact d'une population grandissante ET d'un environnement qui se détériore.

Et une autre petite parenthèse, c'est clair et certain qu'il y en a des effets nocifs. Qu'est-ce qui, de nos jours, n'en a pas? C'est pour ça que mon texte fini sur la note de

Bien sur, on en sait encore peu sur l'impact des OGM à long terme, et les chercheurs devront continuer à évaluer les effets sur les humains et l'environnement pour nous guider vers des solutions durables et sans impact nocif sur notre vie.

Je n'étais pas en train de dire qu'il n'y avait pas d'effets nocifs, au contraire.

Et des études, il y en a toujours, mais les gens devront quand même continuer à se nourrir dans 30, 40, 50 ans. Les climats auront changés (sécheresse, pluies torrentielles, etc.) et on prédit qu'il faudra doubler ou même tripler la production agricole (qui dégage plus de 20% des gaz à effet de serre). Je n'ai pas dit que les OGM étaient irrévocablement la solution, mais simplement une partie de la solution, puisque le savoir des scientifiques à ce sujet existe. Et que ces connaissances peuvent s'améliorer, et être mieux pour le futur. Ou c'est peut-être trop optimiste?

Julie Brunet

Portrait de GFP

@ Florance Piron,
Vos critiques de cet article sont pour le moins surprenantes puisque vous n'aopportez aucun élément permettant de remettre en cause les informations qui y sont mentionnées. Je ne vois pas en quoi rappeler des faits serait faire la promotion de "l'industrie des OGM". Vous reprochez à son auteur d'être "peu critique" et de manquer d'éthique mais vous faites référence à MMR, une journaliste qui n'a pas la moindre éthique journalistique et qui se contente de reprendre les hoax anti-OGM présents sur la toile sans aucun esprit critique (on pourrait discuter des exemple si ça vous intéresse). J'espère qu'il s'agissait d'humour de votre part, mais j'en doute.

Vous évoquez les "études" de Séralini mais vous oubliez de mentionner que les travaux anti-OGM du criigen ont été systématiquement descendus par l’ensemble des instances de régulation qui se sont penchés dessus (EFSA (Europe), l’Afssa, l’ex-CGB et le nouveau HCB (France), le Bfr (Allemagne), le FSA (UK), la FSANZ (Australie))… ça fait beaucoup de monde !

Concernant l'AFBV, vous tombez dans les contre-vérités. Ce n'est pas un regroupement d'industries mais une organisation créée par 70 membres fondateurs issus de divers horizons dont de nombreux scientifiques de premier plan comprenant des directeurs de recherches du CNRS, de l'INRA, du Cirad, des professeurs d'Université, des membres de l'académie des sciences, un prix Nobel ...
http://www.biotechnologies-vegetales.com/afbv/les_membres_
Par ailleurs présenter Séralini comme une victime est pour le moins étonnant. C'est lui qui a attaqué l'AFBV en justice. Pour mémoire, le tribunal n'a donné raison à Séralini que sur un seul point. l'AFBV a perdu parce qu’elle aurait "manqué de prudence" (selon les termes du délibéré) en imputant à M. Séralini "d’avoir failli à son obligation de probité intellectuelle en raison de sa dépendance à l’égard de Greenpeace, dont il recevrait une aide financière pour ses travaux". Le tribunal a estimé que les autres propos poursuivis n’étaient pas diffamatoires, mais relevaient "du débat scientifique". Ces autres propos incluent diverses affirmations remettant en cause la crédibilité scientifique de M. Séralini.
De ce procès on retiendra que M. Séralini a doublement perdu le peu d'honneur scientifique qui lui reste :
1/ En portant plainte
2/ En étant débouté sur la mise en cause de ses compétences.

De plus, l'AFBV peut avoir la satisfaction d’avoir perdu sur le point précis qui constitue le fond de commerce de M. Séralini et de ses adeptes : la mise en cause systématique de travaux (études scientifiques, recommandations d’autorités de régulation, prises de position, etc.) en raison de liens, réels ou imaginaires, des auteurs de ces avis et travaux avec l’industrie. Ce n'est peut-être pas pour rien qu'à ce jour le criigen n'a toujours pas publié le délibéré sur son site web.