Que des chercheurs en astronomie ou en biologie réfléchissent à la possibilité de vie extraterrestre n’a plus rien d’étonnant. Mais des psychologues ? Une poignée d’entre eux se sont posé la question suivante : comment réagirait la population à l’annonce d’une telle découverte ?

Non pas à un récit d’invasion par des créatures reptiliennes ou à l’annonce qu’une armada de vaisseaux ennemis converge vers nous. Les chercheurs de l’Université d’État de l’Arizona ont plutôt voulu tester les réactions à une nouvelle qui annoncerait la découverte d’une preuve définitive de vie extraterrestre — sur Terre ou ailleurs. Dans un premier temps, ils ont utilisé comme « échantillon » 15 articles journalistiques, parus au fil des années et traitant de découvertes qui auraient pu être « la » découverte tant attendue. Dans un deuxième temps, ils ont testé les réactions de quelques centaines de « cobayes » à deux nouvelles.

La conclusion des chercheurs, avec l’aide d’un logiciel d’analyse du langage : les articles journalistiques utilisent davantage de termes positifs et « orientés vers une récompense » que négatifs ou « orientés vers un risque ». Autrement dit, l’aiguille tend bien davantage vers le « wow » que vers le « attention, danger ».

Mais la réaction des cobayes contient une surprise. Les chercheurs ont invité 250 personnes, toutes aux États-Unis, à commenter, par écrit, un article du New York Times de 1996 sur la découverte possible de microbes fossilisés dans une météorite originaire de Mars, et 250 autres personnes à commenter un article de 2010 sur la première forme de vie synthétique créée en laboratoire (dans les deux cas, sans leur donner la date de parution). Les réactions à la seconde nouvelle ont été plus négatives.

L’article est paru dans l’édition de janvier de Frontiers in Psychology. Pour une présentation le 16 février au congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences, les chercheurs ont ajouté à leur échantillon le traitement médiatique de l’astéroïde ‘Oumuamua et de la vague possibilité qu’il soit artificiel, et y ont trouvé un traitement tout aussi positif. Manifestement, les Martiens ne font plus peur, tant qu’ils se tiennent loin… ou qu’ils ne dépassent pas la taille d’un microbe.