Semaine du 12 octobre 98

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Décrocher la Lune

Hier, c'était un monde grisâtre et poussiéreux qui n'intéressait qu'une poignée de scientifiques. Aujourd'hui, tout le monde rêve d'avoir son morceau de la Lune. Et certains sont prêts à y mettre le prix fort.

Hilton International dresse des plans pour construire un hôtel Lunar Hilton, qui compterait 5000 chambres. Une compagnie appelée Applied Space Resources projette d'aller sur notre satellite pour en ramener des roches qu'elle revendrait à prix d'or. Une autre, LunaCorp, prépare une jeep lunaire. Une Société Artemis, créée par un ingénieur travaillant à l'occasion pour la Nasa, recherche des commanditaires pour lancer "la première expédition du secteur privé" vers la Lune, qui serait le prélude à une exploitation minière de l'astre des nuits. Une compagnie japonaise, Shimizu Corporation, parle d'y construire un terrain de golf. Une compatriote rêve d'une "exploitation agricole" pouvant nourrir 10 000 personnes. Jusqu'à des agences de voyage, raconte le Daily Telegraph, qui veulent décrocher la Lune.

La Nasa n'a dans ses cartons aucun projet sérieux pour un retour sur la Lune? Peu importe! Des centaines d'individus et de compagnies dressent fébrilement des plans pour y aller eux-mêmes, depuis que la sonde américaine Lunar Prospector a confirmé, l'hiver dernier, qu'il y avait là-haut de la glace en quantité suffisante pour alléger considérablement les coûts d'installation d'une communauté d'hommes et de femmes. Ces projets ont généralement un point en commun: ils décrivent des installations qui seraient auto-suffisantes, autrement dit qui n'auraient pas à s'appuyer sur d'onéreux ravitaillements (20 000$ du kilo!) venus chaque semaine de la Terre. Ce qui démontre que tous ces gens ne sont pas que de doux rêveurs: ils ont fait leurs classes.

Mais leurs projets sont-ils pour autant réalistes? Il y a beaucoup de choses qui sont discrètement mises de côté, soulignent certains experts: comment réagirait le corps humain à de très longs séjours sur la Lune, où il ne pèserait plus que le sixième de son poids; quel type de technologie nous permettrait d'extraire hydrogène et oxygène du sol lunaire (sans quoi il n'y aurait aucune résidence permanente là-haut, en raison, encore une fois, des coûts de transport Terre-Lune); et sur le plan politique, comment serait contourné le traité international de 1967 qui interdit l'exploitation de l'espace et des planètes, incluant la Lune, au bénéfice d'une seule nation... encore moins d'une seule compagnie!

Avant d'en arriver là, il y a toutefois plusieurs étapes à franchir, mais la première vient de l'être: le gouvernement américain a adopté la semaine dernière une loi autorisant les compagnies privées à lancer dans l'espace des vaisseaux réutilisables -c'est-à-dire capables de revenir sur Terre en vue d'un nouveau lancement.

 

Les "autres" Nobel

(ASP) - Comme chaque année, en même temps qu'à Stockholm sont annoncés les Prix Nobel, le magazine scientifique Annals of Improbable Research tient sa propre cérémonie -celle des prix qu'aucun scientifique ne souhaite recevoir. Les Ig Nobel -Ig pour ignoble- récompensent l'aspect "farfelu" de la science -quoique quelques-uns n'apprécient pas tout à fait l'idée que leur travail soit étiqueté "farfelu".

Dix prix ont été décernés dans le cadre d'une soirée haute en humour, à laquelle assistaient pas moins de 1200 personnes. Deux des gagnants étaient même sur place pour aller chercher leur prix, ce qui témoigne d'un solide sens de l'humour, ou de l'inconscience -choisissez.

Parmi ces gagnants: Deepak Chopra, guérisseur quantique; Richard Seed, l'homme qui a annoncé en début d'année son intention de se cloner lui-même; et les premiers ministres de l'Inde et du Pakistan, ex-aequo, pour leurs charmantes bombes atomiques. Le Ig Nobel de l'enseignement des sciences est allé à Dolores Krieger, de l'Université de New York, qui a affirmé avoir démontré l'efficacité du toucher thérapeutique. Son prix a été accepté par Emily Rosa, 11 ans, qui a démontré plus tôt cette année... l'inefficacité du toucher thérapeutique.

Brillant également par son absence, le Français Jacques Benveniste, devenu le premier homme à décrocher... un deuxième Ig Nobel. Benveniste avait obtenu son premier en 1991, le Ig Nobel de chimie, pour sa théorie sur la "mémoire de l'eau", élaborée pour appuyer l'homéopathie. Cette année, c'est encore au Ig Nobel de chimie qu'il a eu droit, pour son étude suivant laquelle non seulement l'eau a-t-elle de la mémoire, mais en plus, cette mémoire peut être encodée et transmise par lignes téléphoniques. Ou par Internet. Ne riez pas, dans la salle.


C'est un coup publicitaire, mais on s'en fout

(ASP) - Oui, John Glenn est, à 77 ans, un truc de relations publiques. Mais c'est pas grave, déclarent les Américains, selon un sondage du réseau de télé ABC.

L'ex-sénateur de l'Ohio, premier américain dans l'espace en 1962, recyclé en politique depuis, et qui doit retourner dans l'espace à bord de la navette spatiale à la fin du mois, ne trompe pas ses concitoyens: ils sont majoritairement conscients que son envoi "là-haut" n'a pas vraiment pour but de mener des expériences scientifiques sur le vieillissement -si, si, c'est vraiment la raison officielle, dixit la Nasa. Mais peu importe: près de six Américains sur 10 disent que c'est une bonne chose pour Glenn. La proportion est évidemment plus élevée parmi ceux qui croient en l'explication de la Nasa (ils représentent tout de même un honorable 30%!).

 

Frankenstein, morceau par morceau

(ASP) - Une équipe internationale de médecins a réussi une première dont nous parlions il y a deux semaines: transplanter une main. Prochaine étape: un visage?

La nouvelle était morbide, et pourtant, fascinante: des médecins français et australiens ont greffé, dans un hôpital de Lyon, la main d'un homme mort à un Australien nommé Clint Hallam, qui avait perdu la sienne lors d'un accident de travail, 19 ans plus tôt. Un exploit médical, à n'en pas douter. Mais pourquoi s'arrêter là? Après la greffe d'une main, pourquoi pas en effet celle d'un visage, demande le New Scientist? Ca n'a rien de farfelu, il y a d'ores et déjà une demande, explique John Barker, chirurgien plastique à l'Université de Louisville, au Kentucky. Des gens défigurés dans un incendie, ou des suites d'une infection, d'un coup de feu ou d'une attaque par un chien deviendront un jour les plus grands demandeurs de transplantations, affirme-t-il. A l'heure actuelle, les chirurgiens reconstruisent des visages par petits morceaux, en prenant des parcelles de peau et de muscles ailleurs sur le corps. Mais il serait possible d'obtenir un "résultat plus esthétique" en transplantant tout, peau du visage, muscles, nerfs et lèvres, pris sur un donneur décédé.

En attendant, l'Université de Louisville prévoit, dans l'année qui vient, marcher sur les traces de Lyon et effectuer "au moins dix" greffes de mains. Un tâche déjà pas évidente, considérant le nombre de muscles, nerfs et os à "attacher". Pour l'instant, Clint Hallam continue d'être suivi jour et nuit, avec la crainte d'un rejet par son organisme. Mais aux dernières nouvelles, l'homme et "sa" main se portaient bien.

 

Mars au Pôle Nord, suite

(ASP) - La revue Science consacre cette semaine un reportage à quelque chose dont l'Agence Science-Presse vous parlait il y a six mois: étudier Mars au Pôle Nord. Une expédition financée en partie par la Nasa s'est en effet rendu l'été dernier dans le Grand Nord canadien, sur l'île Devon plus précisément, afin d'étudier de près le cratère Haughton, qui présente deux caractéristiques intéressantes pour la Nasa: en premier lieu, l'impact d'un caillou tombé du ciel il y a 23 millions d'années; et surtout, un environnement qui se rapproche autant de l'environnement martien qu'il est possible de l'être: sec, aride, et très froid. Des groupes de pression comme la Mars Society se réjouissent de cette expédition et espèrent qu'elle en générera d'autres, meilleure façon à leurs yeux de préparer le terrain à de "vraies" missions vers Mars.


Les dissidents ne sont plus à la mode

(ASP) - Il fut un temps où la communauté scientifique se souciait beaucoup des dissidents. Mais les choses ont changé depuis la fin de la guerre froide, constate Science cette semaine. Les droits humains ne sont plus à la mode, et ceux qui, parmi les scientifiques des pays du Tiers-Monde, osent encore parler haut et fort pour leurs droits, se sentent abandonnés par leurs pairs des pays riches.

 

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