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Les scientifiques rallument la mari

(ASP) - La marijuana pourrait être utilisée à des fins thérapeutiques, a décrété un comité créé à la demande du gouvernement américain. "Il était temps!" ont lancé ceux qui défendent cette idée depuis... 25 ans. Les preuves scientifiques sont là depuis un quart de siècle, souligne par exemple à grands traits le magazine alternatif torontois Now, dans un vaste dossier où il souligne également à grands traits que le gouvernement canadien, lui, refuse toujours de légaliser l'usage médical de la mari.

Le comité, qui réunissait onze experts indépendants sous l'égide de l'Institut de médecine, conclut dans son rapport que cette herbe peut avoir une "valeur thérapeutique" pour réduire la douleur et les nausées, et stimuler l'appétit. Il ajoute n'avoir pu trouver aucune preuve que la mari puisse conduire un utilisateur vers des drogues dures. Au cours des dernières années, les électeurs de sept Etats américains, dont la Californie, ont approuvé l'usage de la mari à des fins médicales, en dépit des opposants, qui disent craindre "le message que cela enverra aux enfants". Le Congrès américain s'est jusqu'ici catégoriquement engagé du côté des opposants et la Maison-Blanche a adopté l'automne dernier une résolution statuant que la marijuana est "une drogue dangereuse qui entraîne la dépendance et ne devrait pas être légalisée à des fins médicales".

Le New England Journal of Medicine s'est prononcé en éditorial en faveur de la mari, et l'Association médicale américaine presse les National Institutes of Health, auxquels on doit une étude qui, en 1997, démontrait que certains patients pouvaient en retirer un effet bénéfique, d'intensifier leurs recherches là-dessus.


Et si le Prozac était bien ordinaire?

(ASP) - Autre temps, autre drogue: une étude sur les antidépresseurs arrive à la conclusion que Prozac ou pas, c'est du pareil au même: les antidépresseurs modernes ne seraient ni plus ni moins efficaces que leurs prédécesseurs.

Les chercheurs ont notamment découvert qu'un nombre à peu près égal de patients abandonnent en cours de route l'un ou l'autre des produits, en raison d'effets secondaires. En dépit du fait que le Prozac ait été abondamment prescrit depuis son arrivée sur le marché, l'étude démontre que certains de ces patients tolèrent bien mieux des médicaments "traditionnels", comme les tricycliques. "Ce qui peut vraiment faire une différence, c'est la façon dont un individu dépressif réagit avec un traitement particulier", commente pour le New York Times le Dr Matthew Rudorfer.

L'étude, effectuée à la demande du ministère américain de la Santé, a passé en revue des études cliniques sur 32 médicaments, dont trois herbes médicinales.


Voulez-vous un souvenir de la variole?

(ASP) - Alors que les autorités américaines s'apprêtent à détruire leurs derniers échantillons du virus de la variole, éradiqué depuis 20 ans, certains font part ouvertement de leur opposition, craignant que des échantillons secrets gardés secrètement dans un coin ou l'autre du monde ne resurgissent un jour, à la faveur d'un coup d'Etat ou d'un geste terroriste. Et le "coin du monde" le plus souvent cité, c'est la Russie.

Il y a deux ans, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandait que les derniers échantillons de ce virus ne soient détruits, et cette destruction devrait en théorie avoir lieu le 30 juin prochain. Sauf que, de purement scientifique qu'il était (faudrait-il conserver des échantillons pour des recherches médicales futures?), le débat a atteint les hautes instances politiques (et si un ennemi développait une arme biologique à partir d'échantillons secrets?).

Il existe deux réserves "officielles" de ce virus qu'un programme mondial de vaccination a permis de faire disparaître de la surface du globe: le Centre de contrôle des maladies d'Atlanta et un laboratoire de recherche sur les armes biologiques, en Sibérie. Le problème, c'est que des rumeurs veulent qu'au moins deux autres centres, en Russie, possèdent des échantillons "illégaux" du virus.

Une décision finale doit être prise par l'OMS en mai, dans le cadre de son assemblée générale, à Genève.


Oui aux cellules d'embryons

(ASP) - Un groupe de 73 chercheurs, dont 67 lauréats du prix Nobel, apporte son appui à une recommandation de l'administration fédérale américaine de désormais financer les recherches sur les cellules souches. "Nous rejoignons d'autres organisations de scientifiques et de malades pour estimer que la position de l'administration est tout à la fois louable et tournée vers l'avenir", écrivent les chercheurs dans une lettre ouverte publiée par la revue Science.

Les cellules-souches (voir notre manchette du 9 novembre), soulignent les chercheurs, pourraient être utilisées dans des traitements contre les maladies de coeur et du cerveau, sans compter la "pousse" d'organes en laboratoire à des fins de transplantations ou de greffes. Cette prise de position arrive alors que quelque 70 membres du Congrès ont signifié, eux, leur opposition au financement de toute recherche sur des cellules-souches -autrement dit, des cellules d'embryons.

A l'heure actuelle, de telles recherches violeraient une loi votée en 1994 précisément pour interdire les subventions fédérales à tous travaux sur les embryons humains. Au contraire, les National Institutes of Health (NIH), auxquels on doit cette recommandation (manchette du 25 janvier) ont estimé que les cellules souches ne sont pas couvertes par cette loi car elles ne peuvent pas donner naissance à un être humain.

Isolée pour la première fois en 1998 à partir de foetus morts ou d'embryons, ces cellules, parce qu'elles ne se sont pas encore spécialisées, ont la particularité de pouvoir donner naissance à tous les tissus du corps humain, qu'il s'agisse de peau, de muscle ou de cartilage. Selon les chercheurs, elles pourraient révolutionner le traitement des maladies d'Alzheimer ou de Parkinson, des affections cardiovasculaires ou du diabète. Si le Congrès bloquait la décision des NIH, "cet extraordinaire potentiel scientifique et médical pourrait ne jamais bénéficier à des patients qui en ont désespérément besoin", concluent les chercheurs. Parmi les signataires figurent l'économiste Milton Friedman, le paléontologue Stephen Jay Gould et le virologue David Baltimore.


Eve abandonne l'Afrique

(ASP) - C'était à prévoir: l'explication était trop simple, il fallait que quelqu'un vienne la compliquer. Une Eve de 200 000 ans? écrivions-nous il y a quelques années. C'était ce que suggérait le travail monumental de plusieurs généticiens, qui avaient dressé un arbre généalotique de nos gènes, à la recherche d'un ancêtre commun aux six milliards d'habitants de la planète Terre. Et cet ancêtre, ils en avaient fait une femme, ayant vécu il y a 200 000 ans en Afrique. Une belle histoire, quoi.

Sauf que d'autres recherches génétiques viennent secouer cette belle histoire. Les anthropologues "sceptiques", après des années de recherche, avancent à leur tour leurs données: il y aurait non pas une, mais deux populations d'humains dont les traces génétiques se retrouveraient aujourd'hui chez nos six milliards de compatriotes. Le premier groupe aurait donné naissance aux Africains, et le second à tous les autres, selon le généticien des populations Jody Hey et l'anthropologue Eugene Harris, de l'Université Rutgers (New Jersey). "C'est une démonstration importante, explique à Science l'anthropologue Henry Harpending, de l'Université de l'Utah. Beaucoup d'entre nous pensions que la question avait été résolue."

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