Semaine du 25 janvier 1999

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Humains en pot: c'est légal

 

Les perspectives de clonage humain viennent de faire un bond en avant: les autorités américaines ont fait savoir la semaine dernière qu'elles financeraient des recherches visant à utiliser des cellules d'embryon humain "à des fins thérapeutiques".

 

Jusqu'ici, ces recherches étaient marquées d'un interdit: aucune subvention gouvernementale, était-il stipulé depuis deux ans, ne pouvait servir à des recherches impliquant l'utilisation d'embryons humains, ou de cellules d'embryons humains. Encore que cet interdit ne pesait pas si lourd: l'essentiel de ces recherches de pointe en biotechnologie, aux Etats-Unis, est financé par l'entreprise privée. Par exemple, en novembre dernier (voir notre manchette), deux laboratoires américains indépendants avaient simultanément annoncé la possibilité de "commander" à des cellules d'embryons humains -des cellules-souches- de produire n'importe quel type d'organe (poumon, foie, rein) ou de tissu (osseux, sanguin, peau, etc.). Or, c'est uniquement grâce à des fonds privés qu'ils avaient pu parvenir à ce résultat.

Ce sont ces événements de novembre qui ont incité les National Institutes of Healh (NIH), principal organisme subventionnaire pour la recherche médicale, à changer de cap: pas question de laisser un tel marché exclusivement entre les mains de l'entreprise privée.

Avec la levée de l'interdit, écrit Libération, la révolution de "l'embryon-médicament" est lancée.

Car c'est évidemment de l'utilisation de ces cellules d'embryons humains à des fins pharmaceutiques dont on parle ici, et non de clonage. Et pourtant, la ligne entre les deux est très mince. En novembre, dans la foulée de la double annonce, on avait plusieurs fois expliqué que l'utilisation de cellules souches -des cellules d'un embryon qui en est à ses premières heures, et qui ne se sont pas encore spécialisées- pour "produire" en éprouvette des organes ou des tissus -à des fins de transplantation, par exemple- serait encore plus efficace si on pouvait l'allier à la technologie du clonage: un individu se verrait prélever des cellules, lesquelles seraient clonées, puis utilisées pour produire le "matériel" pour la transplantation -éliminant du même coup les risques de rejets. Le potentiel économique et financier de cette découverte se mesure en milliards de dollars -et on comprend mieux, alors, la hâte des NIH.

C'est une bonne nouvelle, se réjouit Science, pour les chercheurs anxieux d'étudier ces fameuses cellules-souches, vouées à devenir un domaine extrêmement actif dans les prochaines années. La technologie pour faire ainsi "pousser" des organes en laboratoire est loin d'être au point, mais les balises sont toutes là, et n'attendent que des recherches plus approfondies.

La décision des NIH, de plus, n'ouvre pas seulement une brèche aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. En France par exemple, la loi de bioéthique votée en 1994 interdit toute recherche sur l'embryon. Ce point devrait être débattu lors de la révision de la loi ce printemps. On peut d'ores et déjà se demander comment les gouvernements pourront résister à la pression de leurs chercheurs, qui réclameront de pouvoir lutter à parts égales avec leurs collègues et néanmoins concurrents des Etats-Unis...

Soit dit en passant, le jour où la décision des NIH était annoncée, tandis que Libération consacrait un long article à cet aspect "économico-financier" de la chose, CNN consacrait tout son reportage aux réactions négatives des... groupes religieux américains. A chacun ses priorités...

 

De Dolly à Ian

En Grande-Bretagne, on est déjà rendu plus loin. La loi britannique autorise les recherches sur les embryons de moins de 14 jours. Et c'est aussi de Grande-Bretagne que nous parvenait la semaine dernière un reportage nous annonçant que le Dr Ian Wilmut -le "père" de Dolly- était en négociation avec une importante firme de biotechnologie américaine pour lancer des expériences liées au clonage humain.

Cette firme, c'est Geron Corp., celle-là même qui a financé l'une des deux recherches ayant mené à l'annonce de novembre. Autant Geron que Wilmut ont insisté sur le fait que de créer un clone humain n'était pas un objectif -ni même une option. Leurs ambitions sont purement pharmaceutiques: allier la technologie du clonage et celle de la "cultures" des cellules-souches pour produire en quantité industrielle des organes et des tissus à des fins de transplantations ou de greffes.

Le président de Geron, David Greenwood, a reconnu que d'autres chercheurs financés par Geron avaient d'ores et déjà, l'an dernier, cloné des cellules humaines d'embryons. Mais, a-t-il ajouté, ce n'est pas ce que vous pensez. "Il faut que vous distinguiez entre le clonage à des fins de reproduction et le clonage de cellules à des fins thérapeutiques." Seul le deuxième type est envisagé: les recherches que financera Geron, conclut-il, "ne produiront pas d'embryons qui pourraient évoluer jusqu'à l'humain".

Clonage thérapeutique: voilà une nouvelle expression à laquelle il faudra s'habituer..

 

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