Semaine du 22 mars 1999

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La fontaine de Jouvence


S'
il faut en croire tout ce qu'on a lu et entendu depuis trois ans, la science approcherait à un rythme affolant de ce que le démon avait jadis proposé au Dr Faust: le secret de la jeunesse éternelle.

 

Ca paraît trop simple. On se dit qu'il doit certainement y avoir sur la route des obstacles auxquels nul n'a encore pensé. Et pourtant, à travers le monde, on ne compte plus les congrès de biologistes ou de médecins où il est question des derniers développements dans les recherches visant à retarder cette "maladie" qu'est le vieillissement. Ils ont remplacé les vendeurs de potions magiques de jadis, capables, proclamait-on, de faire reculer l'échéance ultime.

En soi, ça ne devrait pas être étonnant: au cours des 10 dernières années, l'étude approfondie des gènes, de molécules DHEA et autres télomères, a permis de mieux comprendre ce qui se passe quand un organisme vieillit. L'ensemble du processus est loin d'être décodé, mais on en sait déjà suffisamment pour pouvoir jouer par exemple, avec les gènes d'un ver et multiplier son espérance de vie par six ou sept -comme cela a été accompli en 1996 à l'Université McGill de Montréal. D'autres ont réussi le même exploit avec des mouches à fruit. On sait aussi depuis l'an dernier, qu'il est possible de prolonger la vie d'une cellule -sans pour autant qu'elle ne se transforme en cellule cancéreuse- grâce, là aussi, au génie génétique. On vient tout juste d'identifier une protéine qui contribue à lutter contre le cancer mais qui, lorsque nous vieillissons, s'attaque aussi au système immunitaire. On commence déjà à imaginer des stratégies pour la mettre en marche et l'arrêter à volonté.

Avec tout cela en main, où allons-nous se sont demandés une poignée d'experts internationaux réunis au début du mois à Los Angeles dans le cadre d'un congrès sur ce qu'on appelle pudiquement "le prolongement de l'espérance de vie".

"Si nous devions obtenir un financement adéquat, jusqu'où devrions-nous aller?" demande l'organisateur du congrès, le Dr Gregory Stock, directeur du programme de médecine, technologie et science (tout un programme!) à l'Université de Californie à Los Angeles.

Les générations futures, résume le New York Times, pourraient vivre 150, peut-être 200 ans. Après les vers et les mouches à fruits, nous savons maintenant que nous pourrons prolonger d'ici peu l'espérance de vie des mammifères, affirme Judith Campisi, directrice du département de biologie cellulaire et moléculaire au Laboratoire national Berkeley. Il n'y a aucune raison de croire que les humains ne pourraient pas être les suivants sur la liste.

Et il ne s'agit pas seulement de vivre plus vieux, mais de bien vivre: ces scientifiques se disent convaincus qu'on ne se retrouverait pas avec une société de vieillards vivant un siècle de plus avec maladies dégénératives et handicaps majeurs à la clef. L'objectif est bel et bien "d'étirer les bonnes années plutôt que de prolonger les mauvaises".

Remarquez, on n'a peut-être pas besoin des scientifiques: dans son dossier spécial sur le vieillissement, Sciences et avenir (édition de mars 98, non disponible dans les archives Internet) fait part de "quatre stratégies pour vivre plus longtemps". La première: se reproduire le plus tard possible! Chez les mouches à fruits, ça marche...


Le problème du XXIe siècle

Toute ironie mise à part, le fait de retarder le vieillissement pourrait bien être l'enjeu du prochain siècle. Et le problème social majeur, aussi. "L'idée de prolonger l'espérance de vie à 150 ou 200 ans met une distance entre nous et toute notre histoire", reconnaît Gregory Stock. Cela envoie les humains dans un territoire encore jamais exploré.

Et cela rend des scientifiques nerveux, conclut le New York Times en donnant la parole au Dr Campisi: immédiatement après une conférence sur le vieillissement qu'elle venait de donner à l'université, plusieurs personnes vinrent la voir et lui demandèrent avec agressivité "comment elle pouvait oser faire de telles recherches", la Terre étant déjà suffisamment surpeuplée, malade, polluée...

Mais rien à faire: d'ores et déjà, la question sur le prolongement de l'espérance de vie n'est plus de savoir "est-ce que ça va arriver" mais "c'est pour quand?"


 

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