Semaine du 11 octobre 1999

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Recul gênant


R
éalisant qu'elle avait accompli un désastre en terme de relations publiques, la compagnie Monsanto abandonne son "gène Terminator". Un gène qui, pourtant, n'existe pas, sur lequel elle ne détient même pas de droits... et à propos duquel les recherches n'ont jamais vraiment démarrées!

 

Cette décision survient au moment même où, en Grande-Bretagne, un groupe de trois scientifiques attaque les aliments transgéniques dans la revue Nature. Une question de timing ?

L'idée derrière le gène Terminator, dont l'Agence Science-Presse vous avait parlé en manchette dès février, était pourtant, d'un point de vue strictement économique, géniale: depuis quelques années, Monsanto vend des graines génétiquement améliorées à des fermiers de l'Ouest américain et canadien; Monsanto, par contrat, exige de ces fermiers qu'ils n'utilisent pas ces graines pour réensemencer leurs champs l'année suivante, mais qu'ils se réapprovisionnent exclusivement chez Monsanto; Monsanto constate que les fermiers ne lui obéissent pas, mais qu'ils utilisent les graines de la récolte précédente, comme ils le font depuis des milliers d'années; Monsanto annonce donc qu'elle cherche à mettre au point un gène qui, injecté dans ces graines, les rendra stériles après la première récolte. Donc, les fermiers n'auront cette fois plus d'autre choix que de revenir acheter chez Monsanto -puisque les graines en question sont vraiment plus efficaces que celles des concurrents.

D'un point de vue économique, c'est génial, mais d'un point de vue sociologique, c'est foutument dangereux: ça devient un contrôle direct sur "les semences de la vie". Quelqu'un a donc appelé ça le gène Terminator. Et beaucoup de médias ont convaincu le public que le gène existait d'ores et déjà, ce qui n'a fait qu'amplifier l'image de Monsanto comme le "méchant" de toute cette histoire.

La semaine dernière, Monsanto annonçait donc qu'elle abandonnait toutes ces recherches sur ce gène. Celui-ci avait encore des années de recherche avant de devenir réalité, mais de toute évidence, les millions de dollars que ces recherches auraient encore coûté n'auraient été rien à côté de la dégradation de l'image de marque de la compagnie -ou de ce qu'il en reste. Les groupes écologistes ont bien entendu crié à la victoire, leurs pressions ayant sans doute joué dans la balance.

Mais Monsanto prépare sa revanche, souligne Libération. L'annonce de la semaine dernière était prévisible: dès avril, le président de la multinationale de Saint-Louis (Missouri), Robert Shapiro, avait engagé une consultation de cinq ans sur la légitimité de développer ou non des semences stériles. Par ailleurs, cet abandon ne devrait pas coûter cher à Monsanto, puisque les recherches n'avaient jamais réellement démarré! En fait, la compagnie travaille depuis des mois déjà sur d'autres façons de se lier les agriculteurs: on parle en particulier de semences qui, si on osait les réutiliser l'année suivante, perdraient la propriété (par exemple, la résistance à un insecte) que leur avait justement ajoutée la manipulation génétique. Bref, elles reviendraient à leur état "normal" -d'où une perte sèche pour l'agriculteur.

 

Sécuritaires, pas sécuritaires

Coïncidence ou pas, au même moment, la revue Nature publiait un texte d'opinion signé par trois chercheurs britanniques, qui critique les critères utilisés jusqu'ici pour décréter sécuritaires les aliments transgéniques.

Ces normes, écrivent-ils, utilisées aussi bien en Europe qu'en Amérique du Nord, "sont biaisées et devraient être abandonnées". La base sur laquelle ont été érigées ces normes ("substantial equivalence": si la composition chimique d'un aliment transgénique est la même que celle d'un aliment naturel, on peut l'approuver) serait fausse au départ, selon Erik Millstone, du groupe de recherche sur les politiques scientifiques à l'Université du Sussex, Eric Brunner, du département d'épidémiologie au Collège universitaire de Londres, et Sue Mayer, du groupe de pression GeneWatch. Ils qualifient cette base de "concept pseudo-scientifique", rien de moins.

Et ils réclament que soit démontré hors de tout doute le caractère inoffensif des aliments transgéniques, sans dire toutefois comment ce miracle pourrait être accompli.

 

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