Semaine du 31 mai 1999

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Le clonage est-il mort?


N
on, il n'est pas mort. Mais la triste nouvelle qu'il a fallu annoncer à la brebis Dolly la semaine dernière -tu vieillis plus vite que prévu, ma petite- renvoie soudain le clonage au rang des technologies en plein essor certes, mais pour lesquelles la route est encore longue, beaucoup plus longue qu'on ne le soupçonnait...

 

Ce n'est pas que Dolly soit ridée. Non plus que des cheveux blancs, des problèmes d'arthrite ou des pertes de mémoire soient apparus chez elle. C'est qu'elle a les télomères moins longs.

Les télomères, ce sont les extrémités des chromosomes de tous les êtres vivants. Ils ont pour fonction de retarder l'inévitable dégradation des chaînes de chromosomes -un peu comme le fil retient les perles d'un collier. Au bout d'un certain temps, la dégradation devient telle que la cellule meurt -ou plus exactement, elle se suicide. C'est tout le corps qui vieillit, et au-delà, c'est la mort qui pointe le bout de son nez.

Dolly n'a pourtant que trois ans. Elle ne devrait donc pas avoir déjà des télomères montrant des signes d'usure. Mais le hic, c'est que cette brebis a été conçue par clonage, et plus précisément, clonée à partir d'une cellule d'un animal adulte. Et cet animal avait six ans. Dolly, en conséquence, aurait-elle neuf ans?

Autrement dit, la pendule des télomères, clé du vieillissement, "n'aurait pas été remise à zéro au moment du clonage", explique le Dr Ian Wilmut, de l'Institut Roslin, en Ecosse, où est née Dolly, et qui est à l'origine de cette étude "entre deux âges".

 

Encore du travail

Cette nouvelle ne réduit toutefois pas à néant les perspectives de clonage, comme certains l'ont affirmé fort témérairement. Tout d'abord, le lien entre télomères et vieillissement est loin d'être clair aux yeux des scientifiques: ce n'est pas pour rien qu'il s'agit actuellement d'un des secteurs-clefs des études sur le vieillissement (manchette du 22 mars 1999). Par ailleurs, il faut rappeler que le clonage à partir de cellules d'embryons, (beaucoup plus ancien que le clonage d'adultes), ne semble pas rencontrer ce même problème, lui. Ensuite, Dolly n'a pas vraiment l'âge de ses télomères. Après tout, elle est suivie régulièrement par l'Institut Roslin et tous les tests démontrent qu'elle est en pleine forme. Maman deux fois, ses bébés se portent à merveille. Sauf que, de toute évidence, dans les profondeurs de ces cellules, il se passe quelque chose de pas normal.

Et il n'y a pas que le vieillissement: serait-il possible que ces cellules transportent aussi avec elles les problèmes de santé de l'individu cloné? Une question qui est loin d'être résolue, et qui repousse un peu plus loin toute perspective de clonage humain...

Etonnamment, c'est exactement cette question qu'avait soulevé Libération il y a moins d'un mois: intitulée "Plus de 40% des clones d'animaux adultes meurent prématurément", une entrevue avec Jean-Paul Renard, directeur de recherche à l'INRA rappelait tour à tour le décès prématuré (une anémie sévère) d'une vache, premier clone d'un mammifère adulte né en France, et les nombreux échecs dont on parle bien moins souvent que des quelques rares succès de clones d'adultes, nés en Ecosse, aux Etats-Unis (on vient tout juste d'annoncer la naissance du premier mâle cloné à partir d'un adulte, tous les autres ayant été jusqu'ici des femelles) et au Japon depuis 1996.

"Sur les huit veaux nés au Japon, quatre sont morts à la naissance ou peu de temps après. Et il y a aussi une grande mortalité chez les animaux clonés à partir de cellules prélevées non sur des adultes mais sur des foetus. Les publications annonçant la naissance de clones relatant toujours le nombre de clones morts ou avortés dans la même série d'essais, nous avons fait les comptes : entre 40% et 74% des clones issus de cellules somatiques meurent pendant les derniers mois de gestation ou juste après la naissance. Généralement suite à des problèmes circulatoires ou respiratoires. Chez nous, à l'Inra, sur sept naissances de clones à partir de cellules somatiques, nous avons eu trois décès. C'est anormal. En plus, comme le montre notre étude, le clonage semble induire des effets délétères à plus long terme."

S'agirait-il d'un "défaut de reprogrammation" de la cellule utilisée pour cloner? Si tel est le cas, les firmes de biotechnologie ont bien du travail devant elles, et pas seulement sur le plan du clonage: toute cette recherche, abordée sans fin depuis l'automne dernier, autour des cellules-souches, implique elle aussi une "reprogrammation" de la cellule (les cellules-souches sont ces cellules qui ne se sont pas encore spécialisées et auxquelles on pourrait, en théorie, ordonner de donner naissance à un muscle, un foie, de la peau, etc.). Se pourrait-il que, même reprogrammées, elles transportent en elles l'âge du donneur, voire ses maladies?

 

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