Vous êtes au lit, terrassé par un effroyable virus. Il n’y aucun doute dans votre esprit : l’ennemi est sournois, cruel et bien vivant. Pourtant, rien n’est moins sûr. En fait, le Comité international de taxonomie des virus est formel : les virus ne sont pas vivants. L’édition d’avril de la revue Nature Reviews Microbiology consacre d’ailleurs un article à cette question qui nous amène à revoir notre définition même de la vie.

En général, on dit qu’un être vivant se reproduit seul et subvient à ses propres besoins. Ce n’est pas le cas des virus qui ne peuvent pas se multiplier sans infecter des cellules. En effet, imaginons une Terre primitive et vierge où on déposerait quelques virus. Après quelque temps, ces derniers se dégraderaient et il ne resterait plus rien. Par contre, si on tentait la même expérience avec des cellules, bien vite celles-ci prolifèreraient pour peupler leur nouvel environnement.

Toutefois, certains biologistes croient que tout ce qui se réplique et évolue est vivant, virus compris. Mais est-ce vraiment les virus eux-mêmes qui évoluent? N’est-ce pas plutôt les cellules qui répliquent les virus et les font évoluer de la même manière que les humains développent et améliorent la technologie? En fait, selon cette définition, on pourrait aussi bien dire qu’un virus informatique est en vie!

Alors soit, les virus ne sont pas vivants. Toutefois, pourraient-ils être l’étape manquante entre la matière inerte et la vie? Selon les scientifiques, la réponse est non. Tout d’abord, les virus n’ont pas de caractéristiques communes avec toutes les cellules. Cela est plutôt surprenant, car même les bactéries et les humains possèdent certains gènes similaires. Par ailleurs, même entre eux, les virus ont très peu de points communs. La conclusion : les différentes lignées virales proviennent d’origines distinctes. On voit difficilement comment ces multiples origines pourraient être la source unique de la vie telle que nous la connaissons.

Malgré tout, les scientifiques rappellent que les virus sont des joueurs importants de l’évolution. En attaquant constamment les organismes vivants, ils les obligent à s’adapter et par conséquent à maintenir la biodiversité.