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Controverse chez les virus : être ou ne pas être?

Kathleen Couillard, le 13 mai 2009, 9h00

(Agence Science-Presse) Vous êtes au lit, terrassé par un effroyable virus. Il n’y aucun doute dans votre esprit : l’ennemi est sournois, cruel et bien vivant. Pourtant, rien n’est moins sûr. En fait, le Comité international de taxonomie des virus est formel : les virus ne sont pas vivants. L’édition d’avril de la revue Nature Reviews Microbiology consacre d’ailleurs un article à cette question qui nous amène à revoir notre définition même de la vie.

En général, on dit qu’un être vivant se reproduit seul et subvient à ses propres besoins. Ce n’est pas le cas des virus qui ne peuvent pas se multiplier sans infecter des cellules. En effet, imaginons une Terre primitive et vierge où on déposerait quelques virus. Après quelque temps, ces derniers se dégraderaient et il ne resterait plus rien. Par contre, si on tentait la même expérience avec des cellules, bien vite celles-ci prolifèreraient pour peupler leur nouvel environnement.

Toutefois, certains biologistes croient que tout ce qui se réplique et évolue est vivant, virus compris. Mais est-ce vraiment les virus eux-mêmes qui évoluent? N’est-ce pas plutôt les cellules qui répliquent les virus et les font évoluer de la même manière que les humains développent et améliorent la technologie? En fait, selon cette définition, on pourrait aussi bien dire qu’un virus informatique est en vie!

Alors soit, les virus ne sont pas vivants. Toutefois, pourraient-ils être l’étape manquante entre la matière inerte et la vie? Selon les scientifiques, la réponse est non. Tout d’abord, les virus n’ont pas de caractéristiques communes avec toutes les cellules. Cela est plutôt surprenant, car même les bactéries et les humains possèdent certains gènes similaires. Par ailleurs, même entre eux, les virus ont très peu de points communs. La conclusion : les différentes lignées virales proviennent d’origines distinctes. On voit difficilement comment ces multiples origines pourraient être la source unique de la vie telle que nous la connaissons.

Malgré tout, les scientifiques rappellent que les virus sont des joueurs importants de l’évolution. En attaquant constamment les organismes vivants, ils les obligent à s’adapter et par conséquent à maintenir la biodiversité.

5 commentaires

Portrait de seb

Allo!!

J'ai lu l'article et les commentaires, je n'y connait rien en bactéries ni en virus mais j'ai toujours vu la diférence entre un virus et une bactérie(champignon) comme suit:

-la bactérie est un organisme vivant, un animal complet qui serait fait d'un seul bout alors que nous les humains sommes trop gros pour ètre faits d'un seul bout, nous sommes comme un immense château ambulant.

-Les virus sont des formes de "vie mécaniques" naturels qui "pillent les ressources" pour subsister comme une horde de barbars qui ne peuvent vivre sans villages à massacrer!!

**quand une bactérie s'attaque à un ètre vivant (comme le pied d'athlète oubien l'hummus sur les arbres), la bactérie envahie la place comme des soldats qui prènent possession des lieux et qui y fabriquent leurs fortifications par dessus les ruines(rougeur et enflure oubien appendice champignon)

**quand un virus attaque, il entre dans chaques cellules , violle l'adn, et quitent en détruisant la cellule. comme des pillards qui entrent dans les maisons, viollent les femmes et brulent la demeure.

Merci!!

Portrait de armand

Merci pour votre réponse. Il faudrait donc un métabolisme pour être vivant, mais peut-on alors dire que certains bacilles ne sont pas vivants lorsqu'ils sont sous forme de spores au métabolisme inexistant? Je suis toujours sceptique face à ces définitions de "la vie" et de "l'individu", souvent trop restreintes et qui ne correspondent pas bien à la complexité de la nature (aucun mammifère ne pourrait vivre sans les bactéries symbiotiques qui peuplent son système digestif, par exemple, donc peut-on dire qu'il est un être vivant qui "subvient seul à ses propres besoins"?). Mais c'est sûr que les défitions ont parfois une utilité... Encore faut-il ne pas leur accorder plus d'importance qu'elles n'en ont. Bravo et merci pour votre publication en tout cas, très instructive et toujours mesurée.

Portrait de Kathleen

Je crois que dans le cas des bactéries sous forme de spores, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une forme de résistance temporaire en attendant que l'environnement ne redevienne favorable. C'est un peu comme un ours qui hiberne. Il reste vivant pendant l'hiver et se réveille au printemps.
Vous avez raison toutefois que les définitions ont leurs limites. Il faut les utiliser judicieusement.
Merci pour vos bons commentaires.

Portrait de armand

Bonjour,
"Un être vivant se reproduit seul et subvient à ses propres besoins" ? Mais selon cette définition, un parasite (qui a besoin d'un hôte pour se reproduire) n'est pas plus vivant qu'un virus (qui a besoin de cellules hôtes pour se reproduire)... me trompé-je ?
Armand

Portrait de Kathleen

C'est un point intéressant qui est d'ailleurs soulevé dans l'article en question. En fait la principale différence entre les virus et ces parasites, c'est que les virus n'ont aucune forme de métabolisme énergétique. Ils ne peuvent donc rien faire seul. Par contre, les parasites, bien qu'ils ont une étape de leur cycle de reproduction qui requiert un hôte, ont des cellules qui peuvent fonctionner toutes seules. Si on les mettait en culture, elles survivraient et se multiplieraient. Elles ne pourraient peut-être pas former un organisme complet mais elles ne se dégraderaient pas tranquillement comme le feraient les virus. En théorie, elles en viendraient peut-être à évoluer et à s'adapter pour se reproduire complètement sans leur hôte.