Il aurait suffi de quelques gènes pour que nos ancêtres réussissent à parler. Et encore, pas des gènes majeurs, mais plutôt des modifications dans l’activité de quelques gènes liés à l’anatomie.

C’est l’hypothèse défendue par des biologistes israéliens et britanniques qui ont déposé leur texte sur le serveur de pré-publication BioRxiv (ce qui signifie que ce texte n’a pas encore été révisé par les pairs). Une partie de leur hypothèse s’arrime à ce que des biologistes de l’évolution disent depuis longtemps : des modifications de notre anatomie faciale auraient pu être la condition préalable à plusieurs étapes-clefs dans l’évolution de notre intelligence.

Dans le cas du langage, ces quelques gènes seraient ceux qui ont, d’une part, progressivement modifié le visage plus « simiesque » de nos ancêtres, avec son menton protubérant, vers un visage plus « plat » comme le nôtre, et d’autre part, modifié le larynx, en le déplaçant vers la gorge. Ces deux facteurs ont permis à nos ancêtres de produire un plus grand nombre de sons différents, y compris des sons n’ayant que de subtiles différences entre eux. L’analyse de ces chercheurs s’appuie sur des différences dans l’ADN de quatre humains et deux Néandertaliens ayant vécu dans les 50 000 dernières années.

Si l’hypothèse est plausible, elle ne peut toutefois faire abstraction de changements qui ont nécessairement dû se produire dans le cerveau. L’oeuf ou la poule ? C’est la question à laquelle évitent prudemment de répondre ces biologistes…