Un partenariat surprenant entre des wapitis timides et des pies fonceuses a été observé par le chercheur de l’Université de l’Alberta Robert Found. Chacun y trouve son compte, les oiseaux obtenant de la nourriture ; les cervidés, une protection contre les tiques.

Photo de Rob Found de l'Université de l'Alberta
Photo de Robert Found de l'Université de l'Alberta

Pourtant, ce ne sont pas tous les représentants de ces espèces qui entrent en collaboration. Certains wapitis (Cervus Canadensis) refusent la présence des pies, qui pourraient facilement attaquer leurs yeux, alors que certaines pies sont trop timides pour approcher les wapitis. Il faut donc la bonne combinaison de personnalités pour que les oiseaux mangent les parasites qui se cachent dans l’épaisse fourrure des cervidés. Les individus ont été catégorisés sur une échelle timide-intrépide selon plusieurs critères, dont leur volonté à approcher les humains et les objets nouveaux.

Des différences de personnalités avaient déjà été observées chez les wapitis par le même chercheur. Les individus plus audacieux ne migraient pas, habitués à l’humain et protégés des loups grâce à la proximité des villes. D’ailleurs, Parcs Canada a décidé d’abattre quatre wapitis mâles en novembre 2017, car ceux-ci s’approchaient de façon « insistante et constante » de la ville de Banff.

Ce n’est pas la première fois que de tels traits de personnalités mènent à des associations inattendues. En Russie, un tigre a développé une amitié avec un bouc qui aurait plutôt dû lui servir de repas. L’observation de Robert Found renforce l’idée que la personnalité joue un rôle important dans l’interaction entre les espèces.

 

Alexis Gohier-Drolet