Le « test de Montréal » qu’a réussi Donald Trump cette semaine peut rassurer certaines personnes, mais il ne répond pas aux questions de ses principaux critiques : c’est un test destiné uniquement à détecter les premiers signes de maladies comme l’Alzheimer, et non à évaluer la santé mentale d’une personne.

Une des 30 questions, par exemple, consistait à faire dessiner le cadran d’une horloge. Un patient atteint d’Alzheimer sévère pourrait échouer cette question en apparence simple, parce qu’elle demande une coordination entre plusieurs éléments — le cercle, les aiguilles, la disposition des chiffres et la distance entre ces chiffres. De la même façon, une personne atteinte de troubles cognitifs sévères pourrait avoir du mal à trouver « des points communs entre un train et un vélo ». Mais pour quiconque ne vivant pas avec l’Alzheimer, obtenir une note de 30 sur 30 est relativement facile.

En d’autres termes, si l’objectif de cet « examen » de 10 minutes était d’évaluer si le président des États-Unis présente des symptômes d’Alzheimer ou de « détérioration des fonctions cognitives », la réponse est non. Comme a titré avec humour le magazine The Atlantic, « le président est capable de dessiner une horloge ». Mais si l’objectif était de répondre à ses critiques sur sa santé mentale, ou de prouver qu’il était « un très stable génie », le test n’est pas conçu pour ça. « Ce n’est pas une évaluation psychiatrique complète, qui vient valider les capacités du président comme ses attributs psychologiques, sa personnalité et son jugement », déclarait cette semaine au Journal de Montréal le neurologue montréalais Ziad Nasreddine, qui a conçu ce test il y a 20 ans.