Quand un journal local disparaît, les finances de la municipalité ont ensuite tendance à être dans le rouge : c’est la conclusion d’un groupe de trois chercheurs pour qui les gouvernements supérieurs auraient intérêt à s’inquiéter de la crise des médias, s’ils se soucient vraiment de la bonne gestion des finances locales.

La fermeture d’un journal est suivie par « des coûts d’emprunts de 5 à 11 points de base plus élevés à long terme », écrivent ces trois économistes de l’Illinois dans un article paru le 8 mai (par exemple, lorsqu’une ville doit emprunter pour entreprendre des travaux d’infrastructure). Un média local, écrivent-ils, est traditionnellement ce qui a le plus de capacités à agir comme « chien de garde » des dépenses publiques dans son coin de pays. S’il disparaît, et que les seuls capables de continuer à jouer ce rôle sont des citoyens dispersés et des groupes communautaires bénévoles, les fonctionnaires et les élus se sentent beaucoup moins redevables.

« La perte de surveillance est associée à une augmentation de l’inefficacité gouvernementale, incluant une plus grande probabilité d’une augmentation coûteuse des remboursements, de problèmes de négociations, ainsi que des dépenses et des taxes plus élevées. »

La recherche a porté sur 1266 comtés des États-Unis couverts par 1596 journaux, dont 291 ont fermé entre 1996 et 2015. Plusieurs recherches ont déjà souligné l’impact direct entre le déclin de la presse régionale et la réduction de la couverture des enjeux politiques locaux. Mais ce serait la première fois qu’une recherche établit un lien économique tangible.