J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop, mais je saute une semaine. Pourquoi ? Essentiellement pour travailler davantage à l’élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal le 5 novembre prochain !

Je vous en ai parlé dans mon billet précédent : se déroule actuellement à Montréal (la ville où j’habite) une course à la mairie extrêmement serrée dont l’issue sera connue dimanche. Et vous me pardonnerez de me citer moi-même pour gagner du temps :

« Je dirais que cette élection est unique en son genre. Je n’ai pas de souvenirs d’un choix aussi facile à faire pour quiconque a le moindrement à cœur la santé et le bien-être de ses voisin.es.

Ce n’est en effet pas tous les jours qu’on a l’occasion de remplacer un politicien autoritaire « professionnel » dont l’ancien parti au niveau fédéral fut celui du tristement célèbre « scandale des commandites » (Denis Coderre) par une jeune femme progressiste au passé de militante contre les inégalités sociales (Valérie Plante) appuyée par un parti démocratique comme Projet Montréal.

[…] Et comme ce sont deux extrêmes qui s’affrontent, les changements concrets dans la qualité de vie pourraient bien se traduire très rapidement si Valérie Plante l’emporte, notamment en termes de vies sauvées et d’années de vies gagnées à partir du moment où l’auto ne serait plus la vache sacrée qu’elle est encore à Montréal. »

C’est pour cette raison que je m’implique depuis des semaines auprès de Projet Montréal, par simple souci de cohérence avec ce que la pratique de mon métier de vulgarisateur des neurosciences m’a appris sur le cerveau depuis plus de 15 ans. Et comme on est dans le dernier droit, je veux me joindre à tous ceux et celles qui comme moi se libèrent du temps pour le sprint final.

Car je crois sincèrement que les changements structuraux que Valérie Plante et Projet Montréal vont apporter à cette ville, s’ils entrent à l’Hôtel de ville dimanche, auront des effets bénéfiques concrets sur la santé physique et mentale des montréalais.es. J’ai détaillé un peu cette prise de position la semaine dernière et je vais vous laisser en recopiant ici l’essentiel.

Mais juste avant, une demande, toujours par souci de cohérence, et je suis sûr que vous la voyez venir : c’est non seulement d'aller voter pour Valérie Plante et Projet Montréal dimanche si vous êtes montréalais.ses, mais aussi de convaincre une autre personne de le faire ! (et ça vous pouvez le faire sans être montréalais.es… en cherchant bien, vous pouvez sûrement appeler ou écrire à quelqu’un que vous connaissez et qui y vit !).

En vous remerciant à l’avance pour ce geste concret aux retombées également on ne peut plus concrètes et bénéfiques, voici donc quelques arguments parmi bien d’autres qui m’ont amené à sortir de la confortable « objectivité » scientifique pour tenter d’améliorer ici et maintenant le sort de mes concitoyen.nes.

« Deux visions diamétralement opposées  s’affrontent sur la question de la place de l’auto à Montréal. D’une part, Denis Coderre veut toujours plus de « fluidité » pour les autos exactement comme on le réclamait au XXe siècle alors qu’on n’était pas encore conscients de ses innombrables méfaits sur la santé. Et d’autre part Valérie Plante est pour un meilleur partage de la voie publique (et donc une meilleure sécurité) pour TOUS les usagers (piétons, cyclistes, autobus, auto, etc.).

Car réduire la trop grande place prise par l’automobile dans nos rues (qui sont d’abord pour les citadin.es leur milieu de vie, leur environnement premier), c’est bien sûr réduire les émissions toxiques de toutes sortes qu’émettent les voitures et la pollution par le bruit qui est une source de stress constante en ville (donc ça touche les points 5 et 6 de ma liste ci-dessus, le stress).

C’est aussi, en troquant totalement ou partiellement l’auto par du transport actif dont les infrastructures seraient dignes des villes civilisées du XXIe siècle (ce qui n’est malheureusement pas le cas dans ma ville et que l’administration Coderre en place a dangereusement négligé au fil des ans), favoriser l’exercice et ses innombrables bienfaits (le point 2 de ma liste) et les rencontres (point 4), les gens étant moins isolés et coupés du monde extérieur dans des voitures climatisées aux vitres fermées…

Sur cette idée de l’importance du lien social et de l’implication dans la communauté (point 4), de nombreux arrondissement où Projet Montréal est au pouvoir ont favorisé l’implantation de petits marchés publics conviviaux (avec des fruits et légumes frais, donc point 1) et de différents dispositifs d’aménagement urbains (saillies de trottoir qui font office de mini-places publiques, terrasse sur rue pour les restaurants, « placotoires », etc.) qui favorisent ces rencontres à l’échelle humaine si bénéfique pour notre cerveau d’humain.

Et si j’avais à nommer une dernière différence entre « l’équipe Coderre » (qui se résume pas mal au culte de la personnalité de son chef…) et l’équipe de Projet Montréal derrière Valérie Plante en ce qui concerne le dernier point de ma liste (le point 4 sur l’importance des activités intellectuelles stimulantes), je dirais que ce n’est pas en abrutissant les gens avec du divertissement sportif et des festivités clinquantes et coûteuses comme celles entourant le 375e anniversaire de Montréal qu’on stimule la meilleure part du cerveau de ses concitoyen.nes.

C’est plutôt en leur montrant avec transparence (comme l’a fait par exemple Projet Montréal en introduisant la webdiffusion des conseils d’arrondissement) qu’ils peuvent comprendre les enjeux qui les concernent et donc agir sur leur environnement immédiat pour créer de plus en plus « d’affordances » (pour employer un concept de mon cours) qui leur soit agréables. Je pense par exemple au merveilleux projet de ruelles vertes initié par l’administration Projet Montréal du Plateau Mont-Royal qui, encore une fois, en plus de verdir (donc d’améliorer la santé) et de créer un espace plus sécuritaire pour le jeu des enfants, amène les voisins à se mettre les mains dans la terre ensemble, bref à se connaître et à partager leur humanité. Comme notre espèce l’a toujours fait spontanément quand les conditions extérieures lui en donnent l’occasion.

Alors voilà, pour mes concitoyen.nes montréalais nous avons l’occasion le 5 novembre d’infléchir dans le bon sens ces « conditions extérieures » de notre environnement. Donnons-nous cette chance, ne serait-ce que pour une simple question d’hygiène physique et mentale… »