Écologie
Le péril vert
(Agence Science-Presse) À l’été 2007, la contamination aux algues bleues affectait 64 lacs et rivières québécoises. Les cyanobactéries ont aussi contribué à la fermeture de dix plages en pleine saison de la baignade.
Comment l’éviter?
Pour réduire notre impact sur le cycle de l’eau, les chercheurs de l’École d’environnement de l’Université McGill prônent de consommer moins de viande et produits laitiers – plus exigeants en ressources agricoles – et de privilégier les produits du bas de la chaîne alimentaire (fruits, légumes, céréales, etc.). Il faut aussi préserver l’eau, par exemple en installant un baril pour récupérer l’eau de pluie destinée à arroser le jardin potager. « Il importe aussi de privilégier l’agriculture écologique, de restaurer les paysages agricoles dégradés (zones arides) et de développer des processus moins dommageables pour l’environnement », soutient Gary Peterson. En un mot, favoriser la résilience vitale de cette ressource.
Combien en compterons-nous cette année?
« Nous devons nous préparer à affronter d’autres cas d’algues bleues. Mais il ne faut pas voir ces transformations majeures des écosystèmes comme inévitables », affirme Gary Peterson de la Chaire de recherche en modélisation socioécologique de l’Université McGill.
Son équipe et ses collègues suédois se penchent depuis quelques années sur les liens entre l’agriculture et la dégradation de l’environnement. Ils ont modélisé les transformations radicales des écosystèmes –ecosystems flips- dans une récente publication de la revue Trends in Ecology and Evolution.
Barrière de corail envahie par les algues, lac aux eaux claires qui verdit et s’eutrophie, etc. Ces transformations radicales, surprenantes pour la population voisine, sont le fruit des actions humaines sur l’environnement.
La faute de l’homme
« C’est souvent un petit événement, qui a peu ou pas d’effets, qui semble l’entraîner », annonce le chercheur. En fait, il s’agit d’une suite de changements graduels et peu visibles qui poussent l’écosystème à cet état souvent irréversible.
L’agriculture industrielle pose des problèmes écologiques à l’échelle de la planète. « Elle multiplie les changements qui affectent le cycle mondial de l’eau. Ils pourraient faire disparaître la résilience vitale de cette ressource », s’alarme Gary Peterson.
Eutrophisation d’un lac, formation de « zones mortes » à faible taux d’oxygène, salinisation des terres, etc. Les chercheurs ont recensé dix transformations majeures des écosystèmes reliées à l’agriculture ayant des répercussions sur le cycle de l’eau.
Cette résilience, ou capacité des systèmes socioécologiques à se renouveler après des chocs climatiques ou écologiques, faisait d’ailleurs l’objet d’un récent colloque en Suède, Resilience 2008.
Diminution de l’eau disponible et de sa qualité, augmentation de problèmes écologiques — telles les algues bleues — les conséquences seraient particulièrement dramatiques pour les pays les plus pauvres.
Références
Agricultural modifications of hydrological flows create ecological surprises par Line J. Gordon, Garry D. Peterson et Elena M. Bennett publié en avril dans Trends in ecology & evolution
Voir aussi le blogue « Resilience Science » de Garry Peterson

