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Fluoration: le paradoxe du Vermont

Pascal Lapointe, le 2 mars 2016, 15h08

(Agence Science-Presse) En même temps que les démocrates du Vermont votaient massivement mardi pour Bernie Sanders (à plus de 86%), la deuxième plus grande ville de l’État le plus à gauche des États-Unis, tenait un référendum sur la fluoration de l’eau.

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Fluoration: le paradoxe du Vermont

Dans le cadre d’un de ces nombreux référendums locaux qui avaient lieu en même temps ce 1er mars, les électeurs de Rutland (17 000 habitants) ont finalement voté pour maintenir la fluoration, à 61% contre 39%.

Mais si la question s’est retrouvée jusque sur leur bulletin de vote, c’est parce que les opposants à la fluoration —parmi leurs chefs de file: une infirmière et un journaliste à la retraite— ont accusé les autorités locales de «droguer» la population. Ils ont mené campagne depuis deux ans et sont parvenus à recueillir suffisamment d’appuis pour que leur inquiétude se transforme en un référendum d’initiative populaire. Ils ont aussi réclamé la démission du commissaire à la santé du Vermont —l’équivalent d’un ministre provincial de la Santé.

Entretemps, devant la montée des critiques, la municipalité avait senti le besoin en 2015 de créer une page spéciale sur la science de la fluoration.

Un semblable référendum d’initiative populaire a conduit au rejet de la fluoration de l’eau à Portland, Oregon, en 2013. Au Québec, de nombreux débats au sein des conseils municipaux ont eu lieu depuis les années 1970, et surtout depuis 10 ans: Gatineau, Longueuil, Verchères, Québec, ont rejeté la fluoration, ou ont refusé de l’appliquer.

Une trentaine de pays ajoutent du fluor dans leur eau potable. L'Organisation mondiale de la santé en fait la recommandation. Au plan scientifique, quantité d’études ont démontré qu’il s’agissait d’une méthode efficace et sans risque pour diminuer la carie chez les enfants. Aux États-Unis, où les trois quarts des citoyens boivent de l'eau fluorée, certains depuis les années 1940, plusieurs ont noté qu'un mouvement d'opposition émerge plus souvent de la gauche que de la droite —alors qu'à l'origine, dans les années 1940, la fluoration avait au contraire été soutenue par les mouvements progressistes.