Pour ceux et celles qui sont surtout en ville cet été, de gré (en vacances) ou de force (parce que vous n’avez pas trop les moyens d’en sortir…), essayez de marcher un peu chaque jour dans un grand parc (ce qui, encore une fois, n’est pas toujours facile dans les quartiers moins favorisés). Pourquoi ? Parce qu’une énième étude, depuis celle de Roger Ulrich en 1984, vient de confirmer l’effet bénéfique des environnements naturels pour diminuer nos tendances à ruminer des idées noires. C’est ce qui ressort de l'étude de Gregory Bratman et ses collègues intitulée « Nature experience reduces rumination and subgenual prefrontal cortex activation » qui vient d’être publiée dans la revue PNAS.

Leurs deux groupes d’une vingtaine de sujets participant à l’étude ont pris une marche de 90 minutes soit en milieu urbain pour le premier groupe, ou soit dans un milieu naturel pour le second (voir les photos de ces environnements ci-haut). En utilisant un questionnaire standardisé et la technique d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), l’équipe de Bratman a constaté que les sujets revenant d’une marche dans un environnement naturel avaient moins de ruminations négatives et moins d’activité nerveuse dans certaines régions de leur cortex préfrontal ventromédian (subgenual prefrontal cortex (sgPFC), en anglais) et dans une région voisine du cortex cingulaire antrérieur, associées dans d’autres études à des phénomènes comme le remord, les récits autobiographiques négatifs, le rejet social, etc.

Bien sûr, ces régions font partie d’un réseau cérébral complexe et il est toujours un peu hasardeux d’essayer d’attribuer une signification fonctionnelle à une variation d’activité dans une région cérébrale. Reste que ces résultats s’accordent fort bien avec plusieurs autres déjà publiés et qui montrent à quel point les environnements naturels nous apaisent et sont bénéfiques pour notre santé mentale. Et ce n’est pas étonnant considérant notre longue histoire évolutive en milieu naturel à côté de laquelle l’urbanisation est un phénomène extrêmement récent avec des niveaux de stimulation, de bruit et de stress social qui sont sans doute fort exigeants pour notre câblage cérébral façonné par la quiétude des environnements naturels.

Considérant que plus de 50 % des habitants de cette planète vivent maintenant en milieux urbains et qu’on prévoit que cette proportion passera à 70 % en 2050, chaque occasion ratée de réintroduire des espaces naturels en ville est susceptible d’aggraver les problèmes de santé mentale associés à l’urbanisation. Heureusement, des initiatives citoyen.es et des administrations locales avec un peu de courage politique réussissent à reverdir nos espaces publics en reprenant à la voiture l’espace qu’elle nous confisque depuis des décennies. Pour ne prendre que deux exemples dans ma ville…