Semaine du 26 octobre 98

En manchettes la semaine dernière:
Le bébé aux deux mamans

A lire également cette semaine:
Les découvreurs de l'Amérique

Génétique: état de la situation

Les singes savent compter

Et plus encore...


Archives des manchettes


LE KIOSQUE
Pour être branché sur la science

Notre nouvelle section:

Capsules québécoises


Qui sommes-nous?


Retour à la page d'accueil


En manchettes sur le Net est une production Agence Science-Presse


Heureusement, il n'y a pas que John Glenn...


Si on veut parler cosmos cette semaine, heureusement, il n'y a pas que cet astronaute de 77 ans dont il soit possible de discuter. Ce qui suit est au contraire beaucoup plus intéressant: d'un côté, un système de propulsion dont rêvent les auteurs de science-fiction depuis un demi-siècle, enfin mis sur orbite. De l'autre, des éclairs de 3000 millions de watts et une lune qui agit comme une centrale électrique...

 

"Notre planète n'a rien de tel", titre la BBC. Encore heureux: des nuages d'ammoniaque, qui surmontent des nuages de vapeur d'eau de 50 kilomètres d'épaisseur, d'où frappent des éclairs d'une puissance de 3000 millions de watts. Et tournant tout autour, une lune chargée électriquement, qui agit comme une génératrice cosmique!

Ce monde, c'est Jupiter, telles que le révèlent les toutes dernières données de la sonde américaine Galileo, en orbite autour de la planète géante depuis trois ans. Certaines de ces données confirment ce que les experts savaient déjà: il y a par exemple, sur Jupiter, des cyclones et des anti-cyclones en tous points semblables aux nôtres... sauf que certains d'entre eux sont plus grands que la Terre!

D'autres données ont la capacité d'émerveiller même les plus blasés: ces orages électriques, qui ont lieu non pas sur Jupiter, mais autour de Jupiter. Entre cette dernière et sa lune la plus rapprochée, Io, passe en effet un courant électrique dont la puissance dépasse celle de toutes les centrales électriques de notre petite planète. Une puissance suffisante pour que, la nuit, Io brille... comme une ampoule électrique! Le jour, décrit le réseau ABC, "Io est d'un jaune blâfard avec des touches de noir, d'orange et de blanc... Dans l'ombre de Jupiter (elle tourne au) rouge, vert et bleu."

Cette luminosité, c'est l'équivalent de nos aurores boréales, mais à une échelle des milliards de fois supérieure: un phénomène créé par l'interaction entre des particules chargées électriquement (venues du Soleil dans notre cas, venues de Jupiter dans le cas d'Io), des champs magnétiques, et la force de gravité, ce à quoi s'ajoute le soufre éjecté par des volcans sur Io. Le tout crée cet effet "arbre de Noël", pour reprendre l'expression d'un des scientifiques.

Lesquels scientifiques avaient d'autres nouvelles à annoncer, dans l'édition du 22 octobre de la revue Nature celles-là: on voyait depuis deux ans se confirmer de plus en plus la présence d'eau sur une autre des lunes de Jupiter, Europe (plus précisément, un océan qui serait caché sous l'épaisse couche de glace recouvrant ce satellite). Or, voici que de l'eau cachée sous la glace, il pourrait aussi y en avoir, surprise!, sur une 3e lune de Jupiter, dédaignée jusque-là: Callisto. La meilleure explication aux données recueillies par Galileo -fluctuations du champ magnétique de Calllisto, hautes concentrations de sel- expliquent les auteurs dans Nature, c'est un océan qui s'étend entre 10 et 20 kilomètres sous la surface de glace. Et s'il y a un océan, alors, tout comme sur Europe, il pourrait y avoir de la vie là-bas.

Callisto est l'une des quatre grandes lunes de Jupiter -chacune d'une taille comparable à notre propre Lune. Elles ont toutes quatre été découvertes par Galilée il y a près de 400 ans.


La propulsion du XXIe siècle?

Peut-être la tâche d'y aller voir reviendra-t-elle, un jour pas si lointain, à une sonde spatiale dotée d'un moteur ionique. C'est en tout cas l'une des possibilités qu'ouvre le lancement, samedi le 24 octobre, de Deep Space One, la première sonde spatiale de l'histoire qui sera propulsée principalement par un système imaginé en science-fiction depuis les années 40: le moteur ionique.

La raison d'être d'un moteur ionique? Il avait fallu à la sonde Pathfinder, en 1996-97, huit mois pour atteindre la planète Mars. Avec un moteur ionique, il ne lui aurait fallu que deux ou trois mois...

Le tout, peut-on lire dans un reportage de l'Agence Science-Presse publié dimanche le 26 octobre, et dans l'édition du 3 novembre d'Hebdo-Science, s'appuie sur un principe connu en physique depuis un siècle, l'ionisation, par lequel un atome acquiert une charge électrique lorsqu'il perd un ou plusieurs électrons. Le truc, pour faire fonctionner un moteur ionique, consiste donc à provoquer cette ionisation, de façon à ce que les atomes soient éjectés dans l'espace à très grande vitesse. Avec chaque atome éjecté, la poussée du vaisseau augmente.

Mine de rien, c'est un virage majeur pour l'astronautique: parce que presque tout ce qui a été conçu jusqu'ici, de la navette spatiale jusqu'aux fusées V-2 des Allemands au cours de la 2e Guerre mondiale, avait toujours volé grâce aux mêmes "moteurs chimiques". Et la différence majeure entre le chimique et l'ionique, c'est l'énergie dépensée: un moteur chimique nécessite une très grande quantité de carburant, donc d'immenses réservoirs. Avec un moteur ionique, on peut réduire considérablement la taille du vaisseau -même un simple satellite de communication- et ainsi ajouter de l'équipement scientifique, ou accroître sa durée de vie.

Mais si le principe est connu depuis longtemps, son application avait toujours été retardée: tant que les vaisseaux de la Nasa restaient extrêment coûteux -comme Cassini, lancé l'an dernier vers Saturne (manchette du 13 octobre 1997), et qui coûte un milliard$), un échec aurait été un coup trop dur. Pour les 150 millions$ de Deep Space 1 -première sonde du programme "Nouveau Millénaire"- c'est autre chose.

"Cette mission prendra des risques afin que les missions futures n'aient pas à en prendre", commente sur toutes les tribunes, depuis un mois, le directeur de la mission, Marc D. Rayman. Conséquence: bien qu'elle ait "officiellement" pour mission d'aller photographier un astéroïde en juillet 1999, DS1 est en réalité une expérience technique, avant d'être une mission scientifique. Elle doit aussi servir à tester une douzaine d'autres nouvelles technologies, dont un système de navigation autonome, permettant au vaisseau de se guider lui-même, sans aide de la Terre.

48 heures après son lancement, tout allait bien à bord. Le moteur ionique devrait être testé pour la première fois dans environ 15 jours.

Le seul inconvénient d'un moteur ionique, c'est que l'accélération -atome par atome!- est lente: deux jours et demi pour atteindre 100 kilomètres/heure! Mais en mettant les choses au mieux -progrès technologiques, générateur nucléaire à bord et voyage de très longue durée- un vaisseau ionique pourrait atteindre jusqu'à 1% de la vitesse de la lumière.

Ca ne met pas tout à fait les étoiles à notre portée -400 ans pour atteindre la plus proche à cette vitesse!- mais ça les met soudain beaucoup moins loin, puisqu'il faudrait actuellement 10 000 ans!

Tout de même plus intéressant qu'un vol de John Glenn, non?


Ailleurs sur le site de l'Agence Science-Presse:

De l'eau un peu partout dans le système solaire (9 mars 1998)

Une vie extra-terrestre près de Jupiter? (14 avril 1997)

Y a-t-il de la vie près de Jupiter (20 janvier 1997)

La page "Europe"


Site officiel de la mission Galileo

Site officiel de la mission Deep Space 1


 

En manchettes sur le Net

La Science d'ici et d'ailleurs

Le Kiosque

Science pour tous

Hebdo-Science

Meilleurs sites en science

Bric--Brac

CyberExpress

C'est quoi l'ASP

Hommages ...

La Qute des origines

Le Monde selon Goldstyn

Questionnaire