Avant de devenir une légende vivante, Pythagore a commencé par donner des cours particuliers à un étudiant. Pour motiver son élève, il le rémunérait même !

 

 

 

Voici le passage rapporté par Jamblique où Pythagore trouve un ingénieux stratagème pour transmettre son savoir : 

Il voulait absolument que ses compatriotes goûtassent à la beauté des mathématiques, sinon volontairement, du moins par un stratagème ingénieux : ayant donc observé parmi ceux qui fréquentaient le gymnase et aimaient l'exercice corporel, mais qui, par ailleurs, étaient pauvres et assez dépourvus, un jeune homme qui jouait à la balle habilement et harmonieusement, il réfléchit qu'il serait facile de le convaincre, si quelqu'un lui fournissait en abondance ce dont il avait besoin, le délivrant ainsi de ses soucis. Il fit appeler le jeune homme après avoir pris son bain et lui promit de lui fournir toujours assez pour poursuivre son entraînement et pouvoir vivre, à condition qu'il puisse lui transmettre petit à petit, sans effort de sa part et continûment, de sorte qu'il ne soit pas accablé immédiatement, certaines connaissances, qu'il avait apprises auprès des barbares, alors qu'il était jeune, mais qui l'abandonnaient maintenant à cause de son grand âge et de l'oubli qui l'accompagne.

Le jeune homme promit et se soumit dans l'espoir de recevoir ce qui lui était nécessaire, et Pythagore chercha à l'introduire dans l'étude de l'arithmétique et de la géométrie, en faisant des démonstrations de chaque point sur une tablette, et pour toute forme qu'il lui enseignait (on appelle cela une figure de géométrie, il donnait au jeune homme trois oboles en guise de salaire pour le dédommager de sa peine. Et Pythagore fit cela pendant longtemps, I 'introduisant à la science avec une très grande ardeur, avec soin et dans l'ordre le meilleur, tout en lui donnant pour chaque figure trois oboles. Et comme le jeune homme, mené sur une route convenable, avait déjà saisi l'excellence, le plaisir et l'enchaînement des mathématiques, le sage, voyant ce qui se passait, et aussi que, de lui-même, le jeune homme ne s'écarterait plus ni ne renoncerait jamais à la mathématique, même s'il connaissait tous les malheurs, invoqua sa pauvreté et la gêne où il était de lui donner les trois oboles.

Le jeune homme lui répondit : « Eh bien ! même sans ces trois oboles, je suis capable d'apprendre et de recevoir tes sciences », Pythagore ajouta : « Oui, mais je n'ai même plus les moyens de mon entretien, pas même pour moi ; et puisqu'il me faut m'occuper de me procurer mon nécessaire quotidien et ma nourriture de chaque jour, il ne convient pas que je sois distrait par une tablette et des occupations vaines qui ne me sont pas profitables Aussi le jeune homme, qui avait grand peine à abandonner cette étude, dit-il : « C'est moi désormais qui te le procurerai et je te revaudrai, d'une certaine façon, ta bonté ; en effet, pour chaque figure, à mon tour, je te donnerai trois oboles. »

Jamblique, Vie de Pythagore, 21-25