Gaz à effet de serre: la pente glissante
(Agence Science-Presse) Si même 2010 a été une année propice à produire davantage de gaz à effet de serre, on peut se demander ce qu’il en sera quand les grands pays seront sortis de la récession... et quand la Chine et l’Inde auront rattrapé l’Occident!
Deux degrés?
Si on parle de deux degrés de plus (par rapport à la température moyenne du 19e siècle) comme d’un seuil à ne pas dépasser, c’est en raison d’un autre chiffre : 450.
450?
C’est le nombre de parties par million (PPM) de CO2 dans notre atmosphère qui constitue le véritable seuil critique. Pendant 10 000 ans, notre atmosphère contenait environ 275 PPM de CO2. Ce chiffre a commencé à augmenter avec la révolution industrielle. Il approche à présent les 390, et continue d’augmenter à mesure que nous rejetons du CO2 dans l’air (et qu’il y reste).
Les modèles informatiques disent qu’au-delà de 450, on ne peut plus garantir la stabilité des systèmes climatiques, d’où une accélération des problèmes que vivent actuellement les riverains du Mississippi, de la Rivière rouge au Manitoba ou du Richelieu au Québec, des habitants de l’Arctique ou des victimes des vagues de chaleur en Russie ou en Australie.
Les plus pessimistes disent même que le seuil de danger serait en fait de 350 PPM et qu’il aurait, en conséquence, été déjà dépassé.
32 Gigatonnes?
D’après les estimations de l’Agence internationale de l’énergie, nous dépasserons inévitablement, au cours du 21e siècle, le seuil des deux degrés, ou de 450 PPM, si les émissions de gaz à effet de serre sont supérieures à 32 Gt (gigatonnes) en 2020. Or, d’après les chiffres dévoilés cette semaine, c’est peut-être dès 2012 que nous dépasserons pour la première fois les 32 Gt.
En 2010 en effet, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record : 30,6 gigatonnes (Gt). Le précédent record datait de 2008 (avec 29,3 Gt). La hausse n’aura donc connu qu’une brève pause en 2009, alors que la récession était à son plus fort.
L’Agence internationale de l’énergie, d’où proviennent ces chiffres que The Guardian dévoilait lundi, rappelle que pour empêcher que la hausse des températures de notre planète ne dépasse les deux degrés Celsius au-dessus de la moyenne du 19e siècle, il faudrait plafonner ces émissions à 32 Gt en 2020. Or, à ce rythme, on aura déjà dépassé le plafond en 2012 —et ça continuera d’augmenter ensuite.
Pourquoi deux degrés? C’est un seuil théorique (voir encadré) au-delà duquel, s’entendent à peu près tous les scientifiques, nos systèmes climatiques commenceront à être irrémédiablement perturbés. Il est même possible que ces perturbations aient déjà commencé —accélération de la fonte des glaces, précipitations accrues dans certaines régions, sécheresses accrues ailleurs, etc. À Cancun en décembre dernier, les chefs d’État s’étaient entendus sur ce seuil.
Dans un communiqué, l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, rappelle que 80% des émissions de gaz à effet de serre prévues d’ici 2020 sont déjà « réservées », c’est-à-dire qu’elles proviendront de centrales au charbon ou au gaz qui sont déjà en opération, ou qui sont en construction. Le message est donc clair :
Cette augmentation significative des émissions de CO2 et l’inévitabilité des futures émissions dues aux infrastructures rend peu probable notre espoir de limiter la hausse globale des températures à un maximum de deux degrés Celsius.
Un autre économiste, Nicholas Stern, auteur d’un rapport sur les coûts de l’inaction qui avait fait beaucoup de bruit en 2006, rappelle qu’en fait, avec une telle tendance à la hausse des gaz à effet de serre, ce ne sont plus deux degrés qui sont dans notre ligne de mire, mais quatre degrés.
2 commentaires
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par lucas
il y a 1 année
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On s'en fou de la surviabilité de la vie, ce qui compte est de faire de l'argent maintenent! L'argent sera très utile lorsqu'on aura amené la fin! Youhou! 2012 = 32Gt, on s'aligne pour que les Maya aillent raison! |
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Les choses vont de mal en pis et nous continuons à faire l'autruche. Il faut de vraies actions et une capacité d'indignation du pourcentage de la population qui a conscience du problème. En bref, il ne suffit pas de lire un tel article et de s'indigner, il faut agir dès que vous l'aurez lu...