Prouver qu’on est « Blanc » à 100%, voilà la nouvelle lubie des suprémacistes américains. Rien de tel qu’un test génétique réalisé avec un échantillon de salive, pour prouver la pureté de ses origines. Encore faut-il être prêt à en accepter les résultats.

Selon l’étude des sociologues de l’Université de Californie Aaron Panofsky et Joan Donovan présentée lundi à Montréal, certains Américains racistes n’ont pas bien réagi lorsqu’ils ont appris qu’ils n’étaient pas 100% « Blancs ». Selon Aaron Panofsky, ils ont préféré chercher une explication « rationnelle » sur le forum Stormfront, un site web dont les membres se qualifient de « réalistes raciaux ».

L’argument observé le plus souvent est le « test du miroir » : je suis Blanc dans le miroir, donc je suis. D’autres considèrent que la vérité se trouve davantage dans leur arbre généalogique et dans les histoires racontées par leur famille. Sinon, il reste toujours la conspiration : « eh bien, savez-vous que 23andme, une entreprise de tests génétiques rapides, est une organisation présidée par des Juifs ? »

D’autres, au lieu de rejeter totalement le test, acceptent le résultat mais considèrent qu’il y a juste une petite erreur. Un argument qui rappelle la réaction du néonazi américain Craig Cobb lorsqu’il avait appris, en direct à la télévision en 2013, qu’il était, certes à 86% nord-américain, mais aussi à 14% d’Afrique subsaharienne. Il avait qualifié ce pourcentage de « bruit statistique ».

Enfin, d’autres remettent en cause le raisonnement statistique d’un tel test et la différence entre corrélation et causalité : par exemple, l’un des internautes cité dans l’étude, surnommé Skyrocket, reproche aux généticiens de prendre pour acquis que les Blancs Américains ont des Amérindiens parmi leurs ancêtres. Selon lui, ce serait plutôt « parce que la population indienne dont ils ont analysé les marqueurs avaient un peu de sang blanc en eux ».

D’un autre côté, la réaction n’est pas plus logique lorsque la réponse au test leur fait plaisir. Certains ont reçu la confirmation qu’ils étaient « 100% Blancs » mais semblent surpris par le résultat. « Je suis un sang pur ! Mais comment je peux avoir des origines celtiques si j’ai les cheveux blonds et non roux ? » a ainsi posté un autre internaute cité dans l’étude.

Ces tests génétiques obligent même certains de ces suprémacistes à remettre en question leur vision de la race en tant que notion biologique. Par exemple, quel est le pourcentage de « gènes blancs » qui est nécessaire pour devenir membre de Stromfront ? Le débat là-dessus a été lancé, mais les réponses sont très contrastées.