Une étude de grande ampleur a fait beaucoup parler d’elle récemment, parce qu’elle confirme l’efficacité des antidépresseurs. Mais il y a un bémol.

Le bémol derrière ces données, c’est qu’elles ne confirment cette efficacité que chez les cas de dépressions sévères, et non pour ceux et celles souffrant de dépressions allant de « légère » à « modérée ». Au départ pourtant, l’étude publiée le 21 février dans la revue médicale The Lancet, avait tout pour elle : il s’agit d’une méta-analyse, c’est-à-dire une revue de la littérature scientifique (dans ce cas-ci, 522 études totalisant plus de 115 000 personnes). Elle est chapeautée par des chercheurs de plusieurs pays et ne présente pas de conflits d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique. Les médias ont souligné le fait que parmi les 21 antidépresseurs étudiés, l’efficacité était supérieure de 33 % jusqu’au double, par rapport à un placebo.

Mais le problème, c’est qu’en-dehors des dépressions sévères, les données disponibles ne sont pas aussi roses. Or, les cas de dépressions allant de légers à modérés sont beaucoup plus nombreux que les cas diagnostiqués « sévères » — et les reproches qu’on adresse le plus souvent aux médecins sont qu’ils prescrivent trop d’antidépresseurs pour ces catégories de cas, avec des effets secondaires qui, eux non plus, n’ont pas été suffisamment étudiés.