L’un de ces arbres était plus vieux que l’Empire romain. Il est mort en 2010, à l’âge vénérable de 2500 ans. Et il n’est pas seul : depuis 12 ans, l’Afrique a vu mourir quatre des plus vieux baobabs du continent et cinq autres se sont effondrés et sont considérés mourants.

Ça ne peut plus être une coïncidence, conclut une étude parue cette semaine dans Nature Plants. Le principal suspect est le changement climatique, caractérisé dans cette région du sud du continent par des sécheresses prolongées, en plus des températures plus élevées : la combinaison des deux aurait desséché ces arbres, les laissant incapables de soutenir le poids de leurs énormes troncs. Si l’hypothèse s’avère exacte, ça en dit long sur la puissance des perturbations climatiques actuelles, considérant toutes les autres perturbations qu’ont traversées ces arbres — l’âge des neuf baobabs morts ou presque morts, varie entre 1100 et 2500 ans.

« Le fait que ces arbres soient soudain morts depuis le début du siècle est pour moi le canari dans la mine de charbon », déclare au New York Times un des co-auteurs de la recherche — le canari était cet oiseau dont la mort servait de signal d’alarme aux mineurs.

Un de ces baobabs, appelé Chapman, était un monument national au Botswana. Un autre, Platland, en Afrique du Sud, était l’un des plus gros arbres du monde, avec son tronc de plus de dix mètres de diamètre.