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Chercheurs et journalistes: discussion

Pascal Lapointe, le 31 janvier 2014, 8h48

Cette semaine, s’est produit un événement historique : une trentaine de blogueurs de science francophones se sont rassemblés au même endroit.

Chercheurs et journalistes: discussion
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Chercheurs et journalistes: discussion

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Scientifiques et journalistes : le syndrome du déficit (2011)

Scientifiques et journalistes: « This is what the game is about », The Lancet, 6 juin 1998.

Pour rire : l’incompréhension scientifiques-journalistes résumée en un graphique (Ed Yong, 2012)

Bon, vous penserez que je badine, mais n’empêche, si vous n’avez pas vu la conversation née d’un billet du blogueur Marc Robinson-Réchavi, allez-y. Je ne crois pas qu’on ait jamais vu autant de blogueurs de science, journalistes et chercheurs confondus, dont plusieurs «vedettes», partager la même conversation.

On est nombreux à se désoler régulièrement qu’il y ait peu d’activités communes, de conversations communes, de partages de liens, bref, de passerelles, entre les différents blogueurs de science de la francophonie, et c’est en partie ce qui a motivé ce billet : en anglais, a écrit Marc, « il y a de nombreux dialogues entre blogs, les gens n’hésitent pas à rebloguer sur un sujet déjà traité pour donner un angle un peu différent ou un point de vue personnel, les blogueurs commentent les uns chez les autres, les blogs se référencent sans cesse ».

Ce qui est très juste. Or, la discussion que son billet a déclenchée, c’en est un, de rassemblement. Et tout un, à notre petite échelle blogosphérique franco. Voyez ça comme un avant-goût du futur... si on y met du nôtre.

- Pour aller plus loin: Donnez un coup de pouce à la blogosphère scientifique francophone (mai 2013)
- Une initiative «rassembleuse» encore toute chaude: la création d’un Reddit science francophone

Opposition ou rapprochement?

Certes, il y a aussi du ressentiment derrière cette discussion, parce qu’elle est née de l’annonce faite par Le Monde qu’il lance trois blogues de science, tous faits par des journalistes, et non des scientifiques. Arthur Charpentier, dans son blogue Freakonometrics, y voit du nivellement par le bas et dit ressentir au terme de la discussion «une opposition forte entre les scientifiques et les journalistes».

Mais cette discussion est au contraire l’essence même du rapprochement auquel en appelle Marc Robinson-Réchavi. Quelle tribune, quel média, quel canal de diffusion, aurait pu permettre il y a 15 ans une telle discussion sur la valeur de la vulgarisation, entre des gens séparés par des océans géographiques et institutionnels?

Le blogueur Tom Roud se désole sur Twitter du choix éditorial du Monde. «Il semble donc que l’avenir du blog sur les sciences soit le journalisme scientifique. Pas sûr que ce soit un progrès.»

Mais cette réaction vise la mauvaise cible. Pensez à ceci: c’est quand, la dernière fois qu’un quotidien français a ouvert des blogues de science? Non, corrigeons : c’est quand, la dernière fois qu’un quotidien francophone a ouvert un espace tout court à la science?

Comme disait l’autre, les rumeurs de ma mort sont quelque peu prématurées...

20 millions!

Le journaliste et blogueur Pierre Barthélémy s’était réjoui, lors de l’annonce de cette triade, que son propre blogue vienne alors de franchir la barre des 20 millions de pages vues —un exploit qui, dit-il, n’est peut-être pas étranger à la décision de son journal.

Or, à votre avis, si Passeur de science avait été un blogue sur le sport ou la politique, quel journal aurait attendu 20 millions de visites avant de se convaincre que, oui, après tout, d’autres blogues sur le sport ou la politique, ce serait peut-être une bonne idée?

C’est drôle, parce que j’ai passé les 10 dernières années à pondre régulièrement des constats pessimistes sur le déclin de l’information scientifique dans les médias: les journalistes qui partent à la retraite ne sont pas remplacés, les pages Science disparaissent. Voilà un aspect du problème dont tout critique des médias doit tenir compte.

Josée Nadia Drouin et moi avons aussi passé les 10 dernières années à prêcher dans le désert auprès de journalistes —et même un directeur de programme universitaire— pour qui les blogues sont une forme de sous-journalisme à peine digne de mention, certainement pas digne d’être publiée dans un grand journal. Donc, le fait que Le Monde s’ouvre davantage aux blogues, et aux blogues de science de surcroît, voilà un sacré bond en avant.

- Pour une perspective historique sur les coupes : Unpopular Science (The Nation, août 2009)
- Les 35 ans de l’Agence Science-Presse : nouvelles pistes pour le journalisme scientifique (novembre 2013)

Pour bâtir une communauté, cela va sans dire, il faut davantage rechercher les ressemblances que de se laisser décourager par les différences. Entre chercheurs et journalistes scientifiques, existe indéniablement un intérêt commun pour l’information scientifique de qualité, pour les nouveaux outils de communication... et un intérêt commun pour une plus grande diffusion auprès de publics qui n’y sont pas gagnés d’avance. Vous voulez qu’il y en ait plus? C’est aussi à vous de travailler pour que la prochaine étape, ce soient, qui sait, des scientifiques qui bloguent au Monde. Ou pour que votre journal local emploie deux ou trois journalistes scientifiques... plutôt que zéro.

C’est aussi à vous de travailler pour que votre institution académique préférée achète de la publicité dans un petit média ayant à coeur la science. Comment croyez-vous que ces petits médias vont survivre, si tout le monde attend que Le Monde, Ouest-France, Métro ou Le Journal de Montréal, embauchent des scientifiques?

En plus, c’est là un de ces efforts pour lequel les chercheurs n’auraient aucun mal à trouver des alliés parmi les journalistes, et vice-versa...

- Des exemples d’évolution de l’information qui mériteraient beaucoup plus d’attention : le Huffington Post et ses blogues de science douteux, les chaînes de télé spécialisées et leurs contenus désolants,
la rémunération médiocre des journalistes pigistes (parce que la majorité des journalistes scientifiques sont des pigistes)

Rassemblez, ils viendront?

En définitive, c’est en partie ça, qui explique le succès des blogues de science anglophones : intérêts communs. Le congrès annuel Science Online est le symbole même de gens que leurs façons de travailler très disparates n’ont pas empêchés de se parler. On peut en effet critiquer la couverture journalistique de la bactérie à l’arsenic ou de l’affaire Séralini tout en sachant reconnaître qu’il existe d’excellents journalistes et des médias pas trop mauvais.

Quant à l’anthologie annuelle The Best Science Writing Online (anciennement The Open Laboratory), qui a inspiré l’anthologie Les Meilleurs blogues de science en français, elle est le symbole même d’un rassemblement qui traverse les barrières professionnelles. À en juger par tous ceux qui n’ont même pas été sélectionnés, mais sont fiers de dire qu’ils appartiennent à une communauté aussi dynamique. Et à en juger par les médias qui, ici et là, grâce à ce livre, font découvrir à de nouveaux lecteurs l’existence de la blogosphère scientifique.

- L’avenir est biaisé en faveur des blogues
- Journalistes et blogueurs: l’entente cordiale

On s’est souvent demandé si l’écart entre les blogueurs anglos et francos —ah, ces anglos si prolifiques— venait d’une «culture communicationnelle» moins développée chez les francos. Je me demande plutôt si ça ne vient pas d’une plus grande naïveté des francos : qu’ils soient jeunes chercheurs ou jeunes journalistes, ils me semblent avoir souvent une chose en commun —une autre— cette croyance suivant laquelle il suffirait juste d’un peu de bonne volonté pour que déferle soudain beaucoup de science dans les médias. Alors que les anglo-saxons semblent davantage conscients du fossé à combler pour rejoindre un public élargi, et s’attellent à la tâche en conséquence. On se retrousse les manches?

8 commentaires

Portrait de ydutil

Personnellement, je ne vois pas de problème avec la dichotomie journaliste-scientifique.

Si j'ai une récrimination, c'est la jalousie que j'ai envers Jean-François Cliche pour le nombre de visites sur son blogue. C'est la fil de la discussion qui fait vivre un blog et c'est ce qui me manque le plus.

Jean-François m'a déjà fait la fleur de citer un de mes billets (sur l'impact écologique du TGV), qui s'est transformée en article dans son journal et dans un fil de discussion endiablé sur son blogue. Le public a apprécié de pourvoir communiquer avec un scientifique. Je pense donc que c'est une stratégie à ne pas négliger.

Portrait de fpiron

Il me semble que les chercheurs qui bloguent et qui sont par ailleurs employés dans une université ou un centre de recherche ne devraient jamais se faire payer, même si on leur demande de bloguer deux fois par semaine, tout comme ils ne se font pas payer pour publier leurs articles scientifiques financés par des fonds publics. Le blogue est pour eux un nouveau moyen de diffuser à un public potentiellement vaste leurs connaissances, leurs idées, leur vision de la science et de les exposer aux critiques constructives et commentaires approbateurs. Ceci, d'une part, fait partie de leur métier de chercheur et renoue même avec l'idéal de partage des connaissances qui est un des fondements de la science, parfois oublié. D'autre part, quand ça marche, c'est beaucoup plus gratifiant que la publication de textes hyperpointus qui ne sont lus que par peu de gens (situation la plus fréquente) et qui sont re-cités en permanence par le même groupe. Quand les scientifiques comprendront mieux cela, ils seront vite très nombreux à bloguer...
En revanche, les journalistes scientifiques doivent être payés pour leur travail, c'est non négociable. Mais ce contrat "social" exige qu'ils ne se transforment pas en "relationnistes" de la science, c'est-à-dire qu'ils ne se contentent pas de résumer des articles sur des sujets originaux qu'ils jugent "sexy" ou de faire des entrevues sur ou avec de "grands" chercheurs. Ils doivent exercer leur fonction critique fondamentale en examinant, pour chaque recherche dont ils parlent, les finalités, les conséquences et surtout la source du financement. Ils ne doivent pas se laisser impressionner par les "grands" noms, les "grandes universités" et être bien au fait du sexisme, de l'effet "Mathieu" (Merton 1968), etc. qui sont aussi typiques du monde scientifique que du reste de la société.
Si les chercheurs estiment les journalistes scientifiques pour leur vigilance, leur travail sur les sources et leur capacité de ne pas se laisser éblouir par les apparences et si les journalistes scientifiques estiment l'effort des chercheurs blogueurs de partager leurs connaissances sans y voir de concurrence, alors peut-être se liront-ils davantage?

Portrait de MRR

Je dois dire que moi je n'ai aucun ressentiment du lancement de blogs de journalistes. Ca me paraît en fait assez normal, dans un journal.

Ce que je regrette, et qui va peut-être changer avec cette discussion, c'est que les blogs des journalistes interagissent si peu (voire pas du tout) avec les blogs des scientifiques.

Là où je suis complètement d'accord avec Tom Roud, c'est qu'on est là, depuis un moment, ça n'est pas dur de nous trouver, mais pourtant rien. Voire des phrases surprenantes sur la difficulté de trouver des blogs de scientifiques.

Alors j'invite tout le monde à continuer ce dialogue de la manière la plus constructive, c'est-à-dire en parlant de science. Vous parlez d'un sujet traité dans un autre blog ? Faites un lien ! Un billet de blog vous choque ou vous interpelle ? Commentez là-bas, ou faites un billet de blog à votre tour qui donne votre point de vue. Comme celui-ci, et ceux de Freakonometrics et de Tom Roud, dans cette discussion.

Il y a eu énormément d'échanges entre journalistes et scientifiques en anglais à l'occasion d'ENCODE. Il y a aussi eu des billets de blogs de scientifiques francophones et des billets de journalistes francophones. Mais des interactions, un dialogue ? Point.

Et admettons-le, la balle est largement dans le camp des journalistes, parce que nous les scientifiques, nous réagissons déjà à ce que vous écrivez, nous mettons déjà des liens vers chez vous.

Portrait de Freddy

J'ai du mal à croire que la balle soit dans le camp des journalistes scientifiques. Ils passent leur temps à vous interroger et à vous citer pour leurs articles! Il me semble surtout que les chercheurs sont ravis de se poser en victimes ou de rester dans leur fameuse tour d'ivoire et qu'ils feraient mieux de se bouger. D'agir, et non pas de réagir comme vous l'écrivez. Il faut qu'ils arrêtent de se lamenter qu'ils sont les oubliés du système, qu'ils arrêtent d'attendre que ça leur tombe tout cuit dans le bec.

Portrait de MRR

Merci pour cette réponse ouverte, constructive, pas du tout agressive. C'est un plaisir d'avoir un dialogue pareil.

Sérieusement, dire des rares chercheurs qui font l'effort de communiquer bénévolement (http://freakonometrics.hypotheses.org/12417) qu'on attend que ça nous tombe tout cuit dans le bec ? Qu'on n'agit pas ? Qu'on reste dans notre tour d'ivoire ? J'arrête avant de devenir malpoli.

Portrait de Freddy

D'accord à 100 % avec vous. Il faut travailler ensemble et non pas s'opposer. Le billet de Freakonometrics est une caricature de ce que peut produire un chercheur méprisant, loin de la valetaille.

Portrait de Tom Roud

Je me permets de réagir ici comme sur le blog de @marc_rr puisqu'apparemment mon tweet semble être interprêté systématiquement comme une attaque contre les journalistes scientifiques, ce qui n'est pas le cs. Voici ce que j'ai écrit pour m'expliquer:

"Mon propos est plutôt qu’on n’a aucun problème à trouver des blogs de vulgarisation ou tenus par des journalistes scientifiques (qui sont tout à fait sérieux), mais qu’on a plus de difficulté à trouver des blogs de chercheurs « sur le terrain », parlant à la fois de la « science chaude » et des aspects spécifiques au métier de chercheurs. Maintenant c’est vrai que ce sont les blogs qui m’intéressent personnellement le plus ( un n-ième billet sur, exemple au hasard, l’intrication quantique, c’est pas ce que je recherche aujourd’hui sur les blogs). Bref, tout ceci est complémentaire: vouloir plus de blogs de chercheur, c’est constater un manque, pas une critique sur ce qui existe par ailleurs et trouve très bien son public.

Petit aparté: l’un des objectifs premiers de la plate-forme du c@fé des sciences était précisément d’inciter les chercheurs à se lancer dans le blog en tant que chercheur."

Le manque dont je parle est sur la plate-forme du monde.fr. Je n'ai absolument rien contre le blog sur l'informatique du monde, mais dans la mesure où c'est un nouveau blog, il faut attendre de voir comment cela tournera sur la durée, après quelques mois.

Quant à la (ma) collaboration avec les media, nous (i.e. le c@fé des sciences au sens large) avons quand même un "passé" avec lemonde.fr, sur lequel nous avions ouverts un blog pour l'année Darwin en 2009, blog mis en avant à l'époque sur la durée en une des blogs du site du monde, et ayant publié quelque chose comme 100 billets sur une année. Nous avons sauvé tant bien que mal les archives ici ( http://www.cafe-sciences.org/billets/author/darwin2009/ ) car il a été zigouillé quand mon abonnement au monde s'est terminé.

L'an dernier, nous avons lancé un autre blog pour l'opération Votons pour la Science (française) sur la plate-forme du monde, blog, qui, certes, n'a été alimenté régulièrement que lors de la campagne électorale française, mais que j'ai continué à alimenter ponctuellement lors de la campagne américaine (dont le billet le plus lu a fait quand même plus de 200 000 vues en une semaine suite à la mise en une sur le site du monde.fr). Ce blog a été encore une fois zigouillé au début de l'année, je ne sais pas trop pourquoi.

Bref, je trouve assez fort de café quand on me dit qu'on ne collabore pas assez avec les journalistes ou qu'on oppose journalisme et blog scientifique quand nos blogs sur la plate-forme du monde ont été ouverts et alimentés tant bien que mal tout à fait bénévolement et ont eu je pense des succès d'estime (au moins). Qu'on nous dise après côté media qu'"on a du mal à trouver des scientifiques qui bloguent" dépasse mon entendement. Je suis sensible à l'argument de la régularité, mais cela peut s'arranger par des approches collectives (comme le blog darwin2009 justement). Si c'est une question de ligne éditoriale, ça peut aussi se discuter. Quand on fait de la recherche scientifique, on a quand même (un peu) l'habitude des deadlines et des contraintes formelles ou éditoriales ...

Portrait de pascal

(doublon d'une réponse envoyée sur le blogue de Tom Roud)

Tom: j’aurais dû rappeler ces deux initiatives, l'Année Darwin et Votons pour la science, parce qu’à l’évidence, je ne voulais pas suggérer que rien n’a été fait par les scientifiques. Mais à l’évidence, ces deux initiatives n’étaient pas suffisantes pour combler le fossé dont je parle ci-haut.

Illustration. L’Agence Science-Presse existe depuis 35 ans. Sa mission première est de produire des reportages et des brèves pour des médias. Nous aussi, on a eu quantité d’initiatives pour lesquelles on s’est dit, six mois ou un an plus tard: mais pourquoi n'ont-ils pas continué d'utiliser la chronique X, comment ont-ils pu ne pas voir l'article Y, pourquoi ne nous ont-ils pas appelés / consultés / prévenus / etc.?

Et pourtant, nous sommes journalistes. Nous connaissons les règles du jeu. Même nous, nous vivons ces frustrations. Par conséquent, ce qui est arrivé aux Darwin et Votons la science m'attriste, mais ne m'étonne pas. C'est ça, le fossé, et il ne sera pas comblé avec juste un peu de bonne volonté de part et d’autres. Notamment parce que ce n’est pas un fossé scientifiques-journalistes: c’est un phénomène social bien plus large, qui tient entre autres à la perception populaire de la science. C'est contre ça que doit lutter un Pierre Barthélémy, autant et même plus qu'un Tom Roud.

En revanche, à certains égards, le fossé est moins profond qu'il ne l'était dans les années 60, quand on ne questionnait même pas le réflexe des journalistes de ne parler que de "la découverte". Il est moins profond que dans les années 90, quand personne n'aurait imaginé que des milliers de scientifiques puissent écrire des "chroniques" sur Internet.

Mais le fossé ne se comblera pas demain et même si Le Monde avait embauché trois scientifiques, il ne serait pas comblé pour autant. C'est la raison pour laquelle je crois que nous avons tout intérêt à renforcer cette communauté, en tirant profit de nos points communs.

Ca passe entre autres par davantage d’hyperliens comme l’exprime Marc. Par l'anthologie, puisqu’un livre permet d’aller chercher un auditoire différent. Par Reddit. Par d'autres Votons pour la science, ou Je vote pour la science chez nous. Et par davantage de blogueurs qui soient plus actifs.