D’abord, un rappel. Le 27 mars, le premier ministre russe annonçait la formation d’une unité de la garde côtière du Service fédéral de sécurité —successeur du KGB— chargée d’appuyer la nouvelle politique russe dans la région. Cette politique consistera en l’établissement, d’ici 10 ans, de bases militaires « le long des côtes nord » de la Russie.
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Immédiatement, les pays « voisins » —dont le Canada et les États-Unis— ont répliqué, par la bouche de leurs ministres, leur intention de protéger leurs propres territoires.
Sauf que les guillemets autour de « voisins » méritent leur place : la côte russe la plus proche est à... 3500 km du Canada. Et entre les deux, il y a l’océan le plus inhospitalier du monde. Des milliers de kilomètres carrés de glace 365 jours par année, à peine entamés par ces corridors qui, du côté russe et du côté canadien, commencent modestement à s’ouvrir à la navigation. C’est un peu comme de dire que Terre-Neuve et la France sont des voisins.
L’annonce russe serait-elle l’équivalent de l’animal qui se contente de montrer les crocs? De fait, pour les décennies à venir, le conflit s’annonce davantage politique que militaire : c’est plutôt la négociation qui risque de régler la délimitation des eaux territoriales. À l’heure du réchauffement climatique, tous les pays concernés espèrent récolter une part de la future exploitation pétrolière.
Pascal Lapointe





