Dans la série « on s’en doutait un peu » : une étude révèle que les chercheurs plus âgés tendent à demeurer attachés à des idées de leur passé, plutôt qu’à innover.
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L’âge a toutefois un avantage : l'étude en question, qui consiste en une analyse d’articles scientifiques publiés par 12,5 millions de chercheurs pendant 60 ans, conclut que les plus vieux chercheurs sont plus aptes à faire des connexions entre différentes idées: connexions qui peuvent ouvrir la porte sur de nouvelles connaissances.
Mais les plus jeunes sont plus aptes à effectuer des percées sur des sujets inattendus, qui peuvent dès lors perturber l’ordre des choses dans une ou plusieurs disciplines de recherche.
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L’étude est parue le 7 mai dans la revue Science. Elle est inédite par son ampleur, mais pas par ses constats, observe la revue Nature: il y a longtemps que la communauté scientifique note un déclin dans ce qu’on peut appeler la « science perturbatrice » (en anglais, disruptive science) à mesure que la moyenne d’âge augmente.
Mais l’ampleur de l’échantillon permet de faire ressortir un critère pour définir cette « science perturbatrice » : c'est lorsqu’une étude est souvent citée, mais sans que ses propres références ne soient citées. Cela suggère que l’idée ou la découverte rapportée dans cette étude représente quelque chose de nouveau.
Or, sur ces 60 années (de 1960 à 2020), les auteurs de la recherche parue dans Science concluent que, dans toutes les disciplines scientifiques, la probabilité qu’un chercheur publie un article figurant dans les 10% les plus « perturbateurs » diminue de façon continue avec le nombre d’années écoulées depuis la parution du premier article scientifique de ce chercheur.
De plus, parmi 190 000 équipes de recherche qui, en cours de route, avaient changé leur auteur principal pour un plus jeune, les articles tendaient ensuite, en moyenne, à citer des études plus récentes.





