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Les deux tiers des scientifiques croient que les risques d’utiliser l’IA pour analyser des données sont supérieurs aux avantages. Mais près des deux tiers craignent de prendre du retard sur leurs collègues s’ils n’utilisent pas ces outils.

Selon un sondage mené par la revue Nature auprès de 1900 chercheurs et publié le 9 juin, ceux-ci souffriraient donc, à l’instar de plusieurs autres professionnels, du classique « FOMO »: fear of missing out, ou peur de manquer quelque chose d’important

« Si vous voulez rester dans la course, vous n’avez pas le choix d’adopter certains outils », justifie Alexander Gibson, doctorant en climatologie à l’Université de technologie du Queensland, en Australie.

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Nature leur a aussi demandé si ces « larges modèles de langage » avaient, à leurs yeux, un impact globalement positif ou négatif sur la science. Près de la moitié (48%) ont dit avoir un sentiment plutôt négatif à l’égard de l’IA et 30%, plutôt positif. Seulement 23% ont dit sentir que ces outils avaient un impact positif sur la recherche —bien que près de la moitié aient dit que l’impact dépendait de la façon dont les outils sont utilisés. 

Ces résultats sont similaires à ceux d’un sondage réalisé en 2023 auprès des lecteurs de la revue Nature —qui sont majoritairement des scientifiques— sur leur perception de ce qu’étaient alors les débuts de ces nouveaux outils en science. Ce sondage avait aussi noté que les chercheurs étaient préoccupés par la capacité de ces modèles à répandre de la désinformation et à renforcer des biais. 

Réagissant au nouveau sondage, l’experte en biologie computationnelle Irene Kaplow, de l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh, a déclaré que les chercheurs n’étaient même pas encore suffisamment sceptiques face à l’IA, parce que les gens en général, dit-elle, utilisent ces outils sans comprendre leurs limites.

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