Les promenades à dos d’animaux seront désormais interdites sur trois sites touristiques en Égypte. C’est ce qu’a annoncé le ministère égyptien du Tourisme à la fin du mois d’octobre. Cette décision est survenue à la suite d’une enquête faite par l’organisation Peta Asie dénonçant les traitements de plusieurs chevaux et dromadaires avec vidéos et photos à l’appui.

L’organisation de défense pour les droits des animaux a étudié en 2019 trois sites touristiques très populaires en Égypte, soit les pyramides de Gizeh, la nécropole de Saqqarah ainsi que le site de Louxor connue pour sa Vallée des rois.

 

Les défenseurs ont été témoins de plusieurs épisodes de maltraitance. Dans leur rapport, ils expliquent que les animaux travaillaient sans relâche sous un soleil de plomb et étaient fréquemment flagellés et poussés jusqu’à l’épuisement. Plusieurs d’entre eux étaient mal nourris, physiquement faibles et même pourvus de plaies visibles. Ces violences faites aux animaux et ce manque de soins n’échappaient pas non plus aux regards des visiteurs. Noémi Haszon, une Hongroise ayant visité Gizeh, raconte dans un témoignage du New York Times avoir été particulièrement tétanisée par la maigreur et les blessures des chevaux qui se trouvaient sur le site. L’enquête de PETA rapporte également l’exemple de chevaux tireur de charrette qui se sont effondrés et se sont fait battre jusqu’à ce qu’ils soient forcés de se relever, tout ça devant les touristes qui se trouvaient dans la charrette.

 

Sous la pression de 500 000 personnes partout dans le monde, le ministère égyptien du Tourisme a donc pris la décision d’abolir ces pratiques sans toutefois pénaliser les touristes. Le ministère compte mobiliser des systèmes de voiturettes et d’autobus électriques pour le déplacement sur ces sites.

 

Prochaine cible : Santorin

 

L’Égypte n’est pas le seul pays à avoir instauré des interdictions contre l’utilisation d’animaux comme moyen de transport pour les touristes. Depuis novembre 2019, le Cambodge a également interdit les promenades à dos d’éléphants sur le site d’Angkor. Cette décision n’ayant pu être mise en marche qu’à partir de cette l’année 2020, seuls environ 5 des 14 pachydermes exploités ont pu être transférés dans une réserve.

 

PETA ne compte pas s’en arrêter là. Leur attention est portée depuis 2018 sur la ville historique de Pétra en Jordanie. L’association avait également fait son enquête et leurs révélations avaient incité le ministère du Tourisme à réfléchir à un autre moyen pour les touristes de circuler sur le site. Contrairement à l’Égypte, aucune action n’a été faite depuis ce temps par le gouvernement jordanien.

 

Le site que l’organisation a particulièrement en ligne de mire est cependant l’île grecque de Santorin où les touristes peuvent y escalader les quelques 600 marches à dos d’ânes et de mules. Les animaux y sont mal nourris, publiquement frappés, mais présentent aussi des lacérations causées par l’équipement qu’ils doivent porter. En 2018, le gouvernement grec a adopté une loi qui limite la charge portée par les animaux à 100 kg. Toutefois, selon les constats de PETA, les agents de surveillance en place sur les lieux ne font pas appliquer ces règles ou n’interviennent que très rarement.

 

 

Crédit photo: 8moments (Pixabay)