Quand on pense aux émissions de gaz à effet de serre, on pense en premier au secteur du transport. Réduisons le nombre de voitures sur les routes, augmentons le transport en commun. Pourtant, d’ici 2040, le secteur des technologies de l’information (TIC) pourrait représenter jusqu’à 14 % de l’empreinte carbone mondiale, soit environ la moitié de l’ensemble du secteur des transports dans le monde, selon deux chercheurs de l’Université de McMaster en Ontario.

Lotfi Belkhir et Ahmed Elmeligi, de la faculté d’Ingénierie et Technologie de McMaster, ont étudié l'empreinte carbone globale des TIC et ont publié leurs résultats dans le Journal of Cleaner Production en janvier 2018.

Pour chaque message texte, pour chaque appel téléphonique, chaque courriel, chaque vidéo qui est téléchargé ou envoyé, il y a un centre de données qui rend cela possible. C'est cette consommation d'énergie que nous ne voyons pas.

Les réseaux de télécommunications et les centres de données consomment beaucoup d'énergie pour nous servir et la plupart des centres de données continuent d'être alimentés par l'électricité produite à partir de combustibles fossiles. Pour avoir une idée, un centre représente la consommation électrique d’une ville de 50 000 habitants. Et des centres, il y en a des milliers. Des petits pas vers l’avant sont faits... Un des plus grands opérateurs de centres de données au monde, Google, a annoncé qu’il atteindrait l’utilisation de 100% d’énergie renouvelable en 2017 pour ses infrastructures.

Dans leurs recherches, Lotfi Belkhir et Ahmed Elmeligi ont pris en considération l’impact de l’empreinte carbone de la production ainsi que de la consommation énergétique des appareils électroniques, incluant les smartphones, les ordinateurs, les tablettes, les centres de données et les réseaux de communication.

Parmi tous les appareils, les tendances suggèrent que d'ici 2020, les appareils les plus dommageables pour l'environnement sont les smartphones.

Bien que ceux-ci ne consomment pas beaucoup d'énergie pour fonctionner, 85 % de leurs impacts sur les émissions proviennent de la production.

La puce et la carte mère d'un smartphone nécessitent la plus grande quantité d'énergie car elles sont constituées de métaux précieux extraits à un coût élevé.

Les smartphones ont également une courte durée de vie, en moyenne 2 ans, ce qui pousse à la production de nouveaux modèles et à une quantité extraordinaire de déchets.

En 2016, près de trois adultes québécois sur cinq possèdaient un téléphone intelligent selon l’enquête NETendances 2016 produit par l’organisme de recherche et d’innovation, le CEFRIO. C’était un adulte québécois sur quatre en 2011.

L’obsolescence programmée ne serait pas là où le vrai débat réside, mais plutôt dans les politiques gouvernementales, comme le suggère d'ailleurs l’étude.