Dans le secteur jadis si prometteur des cellules souches, une mauvaise nouvelle n’attend décidément pas l’autre. À peine des chercheurs de l’Université de Rochester (État de New York) avaient-ils eu le temps de se réjouir de l’efficacité de leur traitement qu’ils ont découvert que des tumeurs au cerveau étaient apparues chez chaque animal "guéri".

’était la première fois qu’on réussissait à vraiment guérir le Parkinson grâce à des cellules-souches. Le coup est d’autant plus dur à prendre.

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Aucune des tumeurs n’était cancéreuse, précise le chercheur principal, Steven Goldman. "Mais dans le cerveau, rien n’est bénin."

Les résultats sont parus en fin de semaine dans l’édition en ligne de la revue Nature Medicine. Quatre semaines après le traitement, les rongeurs montraient une nette amélioration. Six à huit semaines après le traitement, ils semblaient complètement normaux. Dix semaines après le traitement, les tumeurs furent découvertes.

Un mystère qui s’épaissit

Rappel: une cellule-souche est une cellule qui ne s’est pas encore spécialisée –comme celles qui forment l’embryon lors de ses premiers jours d’existence. Elle n’attend donc que le moment de croître –et de croître, en quelque sorte, indéfiniment. Or, une croissance indéfiniment, c’est aussi la caractéristique malsaine d’un groupe de cellules cancéreuses. Il y a de toute évidence un lien, préviennent les chercheurs, mais il n’est pas aussi simple, puisque les embryons ne croissent pas à la manière d'un cancer.

Le Dr Goldman, neurologue, a consacré quatre années à cette expérience et consacre de nombreusees énergies à la maladie de Parkinson depuis plus de 20 ans. Il avait donc toutes les raisons de croire que, cette fois, le succès était à la portée de la main. "Mes espoirs sont toujours élevés, dit-il en entrevue au Globe and Mail de Toronto –la plus grande ville canadienne, à quelques heures de Rochester– mais ceci nous oblige à une réelle prudence."

Qui plus est, parmi tous les espoirs suscités par les cellules souches –traitement de l’Alzheimer, de maladies cardiaques, résurrection de la moelle épinière, etc.– le Parkinson était en tête de liste, parce qu’en théorie, un seul type de cellule serait nécessaire pour atténuer, voire renverser le processus de la maladie: ces cellules, ce sont des neurones produisant de la dopamine. Car c’est le manque de dopamine dans le cerveau qui entraîne ces mouvements incontrôlés caractéristiques de cette maladie neurologique qu'est le Parkinson.

Dans les années 1990, des transplantations de cellules productrices de dopamine avaient eu lieu aux États-Unis et au Canada, sans succès. L'étape suivante, depuis la fin des années 1990, semblait être l'injection de cellules souches. À suivre...

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