Y a-t-il un lien entre la science et la crise financière qui frappe actuellement les États-Unis —et le reste de la planète? Il se trouve qu’il y en a plusieurs.

- La mentalité du troupeau : les études sur le comportement démontrent que lorsque les temps sont incertains —et la crise financière entre certainement dans cette catégorie!— les gens cessent de s’écouter et observent ce que font les autres, afin de faire comme eux. C’est du moins ce qu’explique ce « neuroéconomiste » dans une entrevue à Reuters.

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- Neuroéconomie? Oui, il y a quelques universitaires qui, depuis les années 1990, s’attribuent ce titre étrange. Dans l’ouvrage Your Money and Your Brain, le chroniqueur Jason Zweig, du Wall Street Journal, pointe notre pire ennemi: notre cerveau! Il serait terriblement mal « programmé » pour évaluer sereinement et rationnellement les risques lorsqu'il est question de finances.

- L’économie n’est pas une science exacte : tout le monde, ou presque, s’entend là-dessus. Mais au contraire de la sociologie ou des sciences politiques, l’économie, elle, se targue à l'occasion de faire des prédictions. Jusqu’à quel point sont-elles solides? Est-ce l’équivalent de lancer des fléchettes les yeux fermés —avec pour résultat que, de temps en temps, par pure chance, il y en a une qui frappe la cible?

- Connaître ses maths : d’après cet article du New York Times, John McCain aime les jeux de hasard au casino, et il n’est sûrement pas le seul. Or, pour jouer gros, et croire en ses chances de gagner gros, il faut ignorer la loi des probabilités, qui dit que ce sont vos chances de perdre qui sont plus élevées. Ceux qui « jouent » avec des milliards sont-ils eux aussi ignorants des probabilités?

- L’éducation : 700 milliards de dollars. Combien faudra-t-il couper dans l’éducation pour combler ce trou?

- Psychologie : on l’a lu et entendu depuis deux semaines, cette crise est le résultat du capitalisme dans ce qu’il a de pire. Encourager envers et contre tous la récolte d’un maximum d’argent revient à implanter l’idée que nous sommes tous des millionnaires en puissance si nous y travaillons assez fort —et l’État n’a surtout pas à mettre son nez là-dedans. Il y aurait sûrement des études en psychologie à mener là-dessus...

Pascal Lapointe

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