Y a-t-il un lien entre lautisme et la télévision, ont demandé en fin de semaine dernière de nombreux médias de la planète, en réaction à la publication, dans un congrès déconomistes, dune étude statistique signée par deux chercheurs de lUniversité Cornel (État de New York). Ceux-ci y concluent à une corrélation entre la hausse du nombre denfants autistes sur la côte Ouest des États-Unis et la hausse des abonnements au câble et de lachat de magnétoscopes au cours des dernières décennies.
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Les chiffres fournis par la National Austic Society des États-Unis sont, il est vrai, impressionnants: il y a 30 ans, on estimait quun individu sur 2500 souffrait dautisme; aujourdhui, on parle de un sur 166. Les détracteurs, eux, rétorquent que cette hausse est plutôt le reflet dun meilleur diagnostic de lautisme.
Chose certaine, le lien entre autisme et télévision, lui, a rapidement été dénoncé dans certains médias, dont la journaliste du Time qui, dès lamorce de son article, conclut que si la hausse du nombre dautistes "est lun des plus grands mystères de la médecine moderne, il serait irresponsable de blâmer un facteur sans preuve scientifique solide ".
Or, les médias sont dans une position délicate, puisque plusieurs, dont le Time, font partie de conglomérats qui englobent de très lucratifs réseaux de télévision. "Puisque le Time se considère apte à accuser les autres dirresponsabilité", réplique le journaliste qui, dans le cyber-magazine Slate, fut le premier à parler de cette étude, "il aurait été bon que le Time souligne que la compagnie qui le possède a des intérêts financiers à dénoncer cette recherche".
Le débat scientifique nest même pas commencé quil a déjà été submergé par le débat médiatique. Comme cela a déjà été le cas, dans le passé, avec dautres causes supposées de lautisme qui, dans les mois ou les années qui ont suivi, ont été chaque fois rejetées par des études plus solides.




