Si tout va bien, 2018 sera une année où l’on découvrira des milliers de nouvelles formes de vie. Surtout des microbes, il va sans dire, qui eux-mêmes ne représenteront qu’une fraction de ce qui reste à découvrir.

Les biologistes savent depuis longtemps que leur connaissance du monde microbien ne représente que la pointe de l’iceberg. Mais comme la majorité des espèces encore inconnues ne survivent pas en laboratoire, il faut trouver une voie indirecte pour les identifier. Or, une telle voie, appelée métagénomique, a fait l’objet d’un important article en septembre dernier : dans la revue Nature Microbiology, Philip Hugenholtz et son équipe de l’Université du Queensland, en Australie, annonçaient avoir identifié 1749 espèces de microbes (bactéries et archées) jusque-là inconnues. Et ce, rien qu’en repassant en revue les bases de données rassemblant plus de 1500 « métagénomes publics » — autrement dit, des métagénomes étudiés par d’autres chercheurs et dont les résultats avaient été déposés dans une base de données accessible à tous.

Contrairement à la génomique, qui consiste à séquencer les gènes d’un seul être vivant à la fois, la métagénomique tente d’obtenir un aperçu de la diversité génétique d’un environnement, en saisissant des « poignées » d’eau ou de terre dans cet environnement. Si l’étude de septembre se confirme, il n’est donc même pas nécessaire, pour l’instant, de se déplacer : des milliers de gènes d’espèces inconnues dorment d’ores et déjà dans ces bases de données accumulées par les généticiens.