La notion de vie privée est-elle désuète, à la lumière des révélations de l’Américain Edward Snowden sur la surveillance dont nous sommes tous l’objet? Faut-il s’étonner du peu de réactions du public? Que peut faire le simple citoyen? Ce sont les questions que nous posons à nos invités cette semaine.

 

Edward Snowden, c’est cet informaticien de 29 ans, à la source des fuites qui, depuis le 5 juin 2013, alimentent des journaux du monde entier. Mais c’est aussi une personne parmi 800 000 qui avait accès à ces secrets. Il n’était par ailleurs même pas employé de l’agence américaine de renseignement, la NSA, mais d’une firme privée faisant affaire avec la NSA. Le journaliste Glen Greenwald, l’un de ceux qui ont été au coeur des révélations, disait récemment qu’il n’y a plus de distinctions à faire entre la NSA et l’industrie privée de la sécurité. Avec une bête d’une pareille ampleur, n’était-il pas inévitable que de telles fuites se produisent tôt ou tard?

Capacité de lire les courriels et les messages privés via les serveurs de Facebook, Google, Yahoo et tous les autres. Capacité de savoir qui a téléphoné à qui, combien de fois, pendant combien de temps. Des clés pour percer les logiciels d’encodage, et avoir la possibilité d’accéder aux transactions bancaires, entre autres. La quantité de documents coulés aux journalistes, et la quantité de vérifications que cela suppose avant de publier quoi que ce soit, est telle que les révélations se poursuivent, et on n’en voit pas encore le bout.

En avril, certains de ces journalistes ont décroché pour leur travail dans l’affaire Snowden le prix Pulitzer et le prix George Polk, deux des prix les plus prestigieux dans l’univers journalistique.

Pour nos deux invités —dont les recherches tournent autour de la cybersécurité, de la surveillance et de la vie privée— cette histoire, c’est du bonbon. Cela leur donne une énorme matière première à lire et à analyser. Mais on se doute aussi que beaucoup de ces révélations ne sont pas pour eux de réelles surprises: plutôt des confirmations de ce qu’ils soupçonnaient déjà.

Sont-ils malgré tout surpris de l'ampleur du problème? S’ils n’avaient à choisir qu’une révélation parmi toutes celles de cette année, quelle serait la plus importante?

Si les espions ont accès, chez certains des géants d'Internet, à ce qu’on a appelé une «porte arrière» pour puiser dans nos courriels et nos données, qu’est-ce qui empêcherait un habile pirate informatique d’y avoir également accès? Que devons-nous dire lorsque quelqu’un nous répond que les espions ne nous écoutent pas, mais ne récoltent «que» des métadonnées? Doit-on se faire une raison ou se révolter?

Nos invités:

 

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h30, sur les six stations régionales de Radio Ville-Marie. Elle est animée par Isabelle Burgun et Pascal Lapointe. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal) et vous abonner sur iTunes.

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