Je viens de terminer la lecture du dossier de La Presse sur les boissons énergisantes. Une lecture très intéressante compte tenu de leur popularité actuelle.

Une section de ce dossier est venue me chercher un tout petit peu…Deux phrases en fait:

Dans le texte intitulé «Complètement sûres, affirme l’industrie», nous pouvons lire une réplique de monsieur Martin-Pierre Pelletier, porte-parole de l’Association canadienne des boissons:

L’association réplique également aux médecins cités dans notre enquête, qui s’interrogent sur les effets combinés des ingrédients contenus dans une boisson énergisante. S’ils ont des inquiétudes à cet égard, je pense qu’on devrait faire des études en ce sens-là

Laissez-moi vous raconter la petite histoire d’une «étude en ce sens-là», que nous tentons de faire depuis aussi loin que 2007. À ce moment, alors que j’effectuais mon stage postdoctoral à Copenhague, ma collègue nutritionniste, Annie Ferland, en visite, eut l’idée de faire une étude sur l’impact des boissons énergisantes sur la santé de jeunes adultes sains.

Je répète: 2007.

Après quelques mois de discussions, nous avons pu débuter une étude préliminaire solide sur le plan scientifique, étude financée par à une petite subvention de notre centre de recherche (CRIUCPQ). Cette subvention allait nous permettre d’étudier quatre volontaires et obtenir des résultats préliminaires (pour démontrer la faisabilité du projet de recherche), nous permettant par la suite d’effectuer de nouvelles demandes de subventions à des organismes subventionnaires majeurs.

Au cours des sept dernières années, nous avons soumis des demandes de subvention aux Instituts de recherche en Santé du Canada (à plusieurs reprises), à la Fondation des maladies du cœur du Canada (à plusieurs reprises), à l’Institut Danone, etc.

Rien. Nada.

Fait à noter, la plupart des commentaires des arbitres ayant révisés nos demandes de subvention n’avaient pas le ton du type

vous devriez ajouter ceci ou cela pour améliorer la demande
mais bien
vous devriez plutôt isoler tel ingrédient ou tel ingrédient
Pire encore, on sentait un
So what?
So what?

La problématique qui se présente ici n’est pas

on devrait faire des études en ce sens-là
Je crois que les chercheurs soumettant une demande de subvention ET les arbitres qui révisent cette demande de subvention se doivent de travailler ensemble pour qu’ultimement (que ce soit après une deuxième ou troisième tentative de soumission de ladite demande), nous puissions en connaître davantage sur l’influence des différentes boissons énergisantes sur la santé de la population.

Avec un protocole de recherche accepté par un comité d’éthique de la recherche et tous les équipements nécessaires à notre disposition pour mieux comprendre les effets des boissons énergisantes sur la santé de jeunes adultes en santé, nous n’avons besoin que de ladite subvention pour terminer cette «étude dans ce sens-là».

Encore faut-il qu’il y ait une volonté de la part de la communauté scientifique à en savoir plus sur le sujet…