Il y a deux semaines, le Groenland. Aujourd'hui, l'Antarctique. La calotte glaciaire y fond plus vite qu'elle ne se renouvelle. Et la calotte glaciaire qui recouvre l'Antarctique, c'est 90% de la glace de la planète.
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L'Antarctique, c'est un continent immense, plus grand que l'Australie. Il y a longtemps que les glaciologues ont constaté que les rebords de la calotte fondent; c'est ce qui explique le détachement spectaculaire de gigantesques morceaux de la calotte Larsen (=http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2002/cap2503022.html), en 1995 et 2002; mais les chutes de neige au coeurur du continent "compensaient" peut-être pour les pertes. Sur ce dernier point, il y avait débat: or, pour Isabella Velicogna, de l'Université du Colorado à Boulder, il n'y a désormais plus matière à débat. Les relevés effectués par deux satellites (Gravity Recovery and Climate Experiment) confirment qu'il y a une perte nette.
Ce que font ces satellites c'est, littéralement, de "peser" la planète. Plus précisément, le champ gravitationnel de la Terre: si le premier satellite passe au-dessus d'une structure possédant une masse plus importante, cela le conduit à accélérer légèrement de sorte que la distance avec le second satellite, qui le suit, s'en trouve accrue. C'est par les variations, aussi infimes soient-elles, de cette distance entre les deux compères, que les scientifiques en arrivent à déduire les variations dans la masse de telle et telle région: en l'occurrence, les variations de masse de la calotte glaciaire entre avril 2002 et août 2005.
Ainsi, l'Antarctique aurait perdu pendant cette période entre 72 et 232 kilomètres cubes de glace par année. L'équivalent, dans le scénario du pire, d'une hausse du niveau de tous les océans de 0,4 millimètre.
Mais entre 72 et 232 kilomètres cubes de glace, il y a un énorme écart, reconnaissent les chercheurs dans la revue Science. La raison d'une aussi importante marge d'erreur, c'est que les satellites sont incapables de distinguer une masse perdue parce qu'il a moins neigé d'une masse perdue en raison de variations dans la croûte terrestre située sous cette glace. Cela nécessite de complexes équations mathématiques tenant compte, entre autres, de la fonte de la glace et de la pression moindre que cela exerce sur la croûte terrestre.
Mais une chose est sûre, même en mettant les choses au mieux (72 kilomètres cubes perdus chaque année), il y a perte nette: l'Antarctique perd davantage de glace qu'il n'en gagne. Une réalité qui s'ajoute à celle, similaire, du Groenland.




