manif-HandsOff-Science-2025.jpg

Harcèlement, attaques publiques ou fuites de données : comment les scientifiques doivent-ils réagir ? L’Union of Concerned Scientists (UCS) vient de publier un nouveau guide pratique pour les aider à faire face aux risques.

L’UCS est une organisation américaine à but non lucratif, qui met en avant depuis 1968 l’importance de mobiliser davantage de scientifiques et davantage de citoyens concernés pour un « futur plus sain, plus sûr et plus juste ». Elle a notamment publié plusieurs rapports sur les impacts des entreprises pétrolière sur le réchauffement climatique.

Le domaine de la recherche universitaire a été, depuis 15 mois, la cible de nombreuses attaques du nouveau gouvernement Trump. Plus largement, des gouvernements autoritaires ou des institutions qui perçoivent la recherche académique comme un contre-pouvoir, ont tendance à vouloir l’affaiblir, rappelle l’UCS.

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

C’est d’ailleurs dans ce même contexte qu’une vingtaine d’experts avait publié, en août 2025, The Anti-Autocracy Handbook, qui appelait la communauté scientifique à la « défense collective de la démocratie, de la vérité et de la liberté académique ».

Le petit guide de l'UCS, Stay Safe in the Public Eye, tente quant à lui de partager des stratégies préventives concrètes pour faire face aux risques. Par exemple, il suggère aux scientifiques, experts et médias, de protéger leur empreinte numérique, de s’informer sur les lois de protection des renseignements personnels, sur les politiques institutionnelles et sur les ressources disponibles. Le document les convie aussi à préparer un plan de réponse face à un potentiel harcèlement ou à de l’intimidation, notamment en limitant leur exposition, en gardant des preuves, en construisant un réseau de soutien, etc.

Certains sont plus vulnérables 

Le guide relève aussi les différents facteurs qui rendent un scientifique plus ou moins vulnérable, bien que le contexte soit souvent déterminant.

Les experts issus des minorités ethniques, religieuses, sexuelles et de genre, sont par exemple plus à risque, tout comme ceux ayant des difficultés financières, des problèmes avec la justice ou encore ceux s’opposant au régime politique.

Les scientifiques sont aussi appelés à étudier la vulnérabilité de leurs données : leurs courriels, notes et documents privés pourraient-ils être exposés, en vertu des lois sur l’accès à l’information ? Leur adresse, photos personnelles et informations sur leur famille, sont-elles accessibles grâce à une simple recherche sur Internet ? Leurs publications et commentaires sur les réseaux sociaux pourraient-ils être sortis de leur contexte et leur porter préjudice ?

L’UCS rappelle aux scientifiques qu’il est important de se protéger, afin de continuer « à faire progresser la recherche pour le bien commun » et agir « en faveur de la science et de la démocratie ».

Le collectif Stand Up for Science , qui a organisé une série de marches de protestation en mars, a lui aussi plusieurs fois dénoncé les attaques de l’administration Trump contre la liberté académique et la recherche. Un chercheur français du Centre national de la recherche scientifique a aussi été refoulé au États-Unis pour avoir critiqué l’administration Trump, rapportait le quotidien Le Monde en mars.

 

- Adan Cochet

Je donne