Depuis deux siècles, la croissance urbaine et la croissance des carburants fossiles allaient de pair. Ce n’est plus vrai dans un grand nombre des plus grandes villes de la planète, où des nouvelles politiques ont manifestement réussi à continuer à créer de la croissance, tout en réduisant la dépendance au pétrole ou au gaz.
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Une équipe de sept chercheurs de Norvège, de Finlande et du Japon, s’est penchée sur les données satellites entourant plus de 5400 des plus grandes villes, pour mesurer l’évolution des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) entre 2019 et 2024. Comme le dioxyde d’azote est principalement produit par les émissions des véhicules et des usines, il est un bon indicateur de la pollution urbaine. Les chercheurs ont ensuite comparé ces données avec celles des produits intérieurs bruts (PIB) locaux.
Dans près de la moitié de ces villes, les émissions de NO2 étaient restées stables. Parmi les autres, soit 2475 villes, 80% montraient une croissance « significative » du PIB par habitant et une diminution du NO2. La recherche est parue le 11 mai dans la revue Nature Cities.
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Les auteurs y voient une preuve de l’efficacité des politiques « vertes » qui se mettent progressivement en place un peu partout. Et au-delà de ce constat, écrivent-ils, leur analyse des données satellites fournit un modèle à qui voudrait suivre l’évolution, vers le haut ou vers le bas, de la pollution urbaine —ou même mesurer l’efficacité de nouvelles règles antipollution.
Un bon exemple est la Chine: 719 des villes identifiées sont là-bas, dont la capitale Beijing et les métropoles Shanghai et Chengdu (plus de 20 millions d’habitants chacune). Ce qui pourrait refléter les politiques antipollution plus sévères implantées ces dernières années, selon l’auteur principal Daniel Moran, économiste de l’environment à l’Institut norvégien de recherche sur l’atmosphère.
Paris, Rome et Berlin sont aussi dans la catégorie dite du « découplage » —un terme d’économiste qui désigne le moment où la croissance économique et la croissance des gaz à effet de serre cessent d’être liées l’une à l’autre. Une quarantaine de pays seraient à présent dans cette catégorie, selon une estimation parue en décembre.




