Est-ce le début d’une nouvelle ère pour la recherche pharmaceutique ? Le mois dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rejeté catégoriquement la requête de cette industrie, qui n'aime pas l'idée de devoir ouvrir ses livres.

Les tests de médicaments constituent traditionnellement un des secteurs de la recherche où l’accès aux données est le plus difficile : l’enjeu économique est élevé et la concurrence, énorme. Mais ce qui a fait le plus mal aux compagnies pharmaceutiques face à l’opinion publique, c’est l’accusation d’avoir dissimulé des preuves à l’effet que de nouveaux médicaments puissent être nuisibles. En réalité, les compagnies ont plutôt balayé un peu vite sous le tapis des résultats défavorables, ou ont négligé de rendre publiques toutes leurs données, sans que cela n'ait, dans la majorité des cas, porté préjudice à qui que ce soit.

C’est dans cette perspective que l’OMS prépare actuellement une série de lignes directrices en vue d’une plus grande ouverture aux bases de données de recherches sur de futurs médicaments : en d’autres termes, tous les résultats de tests sur un médicament devraient être accessibles dans une même base de données, recommande l'organisme.

Les pharmaceutiques ont demandé que puissent ne pas y figurer certaines " informations critiques " sur des essais cliniques, en particulier les essais préliminaires, lorsque l’hypothétique médicament n’est encore qu’à des années dans le futur : l’OMS a rejeté la requête, alléguant que les compagnies n’avaient pas fourni d’exemples valables démontrant que cela puisse causer un risque, autant pour elles que pour le public. Il faut toutefois signaler que l’OMS n’a aucun pouvoir légal pour obliger les compagnies à se plier à ses lignes directrices.

Sa base de données devrait en théorie être lancée d’ici le printemps 2007.