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800 000 alertes dans la seule nuit du 24 février : c’est la somme des découvertes que l’on doit au nouvel Observatoire Vera C. Rubin, uniquement dans sa première nuit.

Le télescope, installé au sommet du cerro Pachón, au Chili, aura pour mission de passer en revue l’ensemble du ciel de l’hémisphère sud tous les trois jours, pendant la prochaine décennie. Avec une puissance inégalée: au point où, lorsqu’il sera pleinement opérationnel dans quelques mois, cela pourrait grimper jusqu’à 7 millions « d’alertes » par nuit. Chaque alerte pouvant être le signalement d’un nouvel astéroïde ou d’une nouvelle étoile, mais aussi l’observation d’une variation dans la magnitude d’une étoile connue ou de nouveaux détails dans le noyau d’une galaxie lointaine. 

Il y a aussi la possibilité de faire avancer les connaissances sur les mystérieuses « matière noire » et « énergie noire ». Puisque, par définition, on ne peut pas les voir, les astronomes espèrent que leur présence sera trahie par l’effet dit de lentille gravitationnelle: une distorsion créée par la présence d’un corps massif situé entre nous et une source lumineuse.

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À ce rythme, après un an d’exploitation, l’observatoire, de son autre nom le Large Synoptic Survey Telescope, pourrait avoir capté des images d'un plus grand nombre d'objets célestes que l'ensemble des observatoires des derniers siècles. C’est ce que vante le communiqué conjoint de ses deux principaux bailleurs de fonds, basés aux États-Unis —il s'agit d'un projet entamé il y a 20 ans— la National Science Foundation et le ministère de l’Énergie.

Derrière cette « performance » se cache la plus puissante caméra du monde, avec ses 3200 mégapixels. Elle pèse 3 tonnes, et fait la taille d’une voiture.    

Pour être exact, ce n’était pas sa toute première nuit, puisqu’une première nuit de tests, en juillet 2025, était devenue célèbre pour avoir permis de découvrir 2104 astéroïdes d’un seul coup. Mais la nuit du 24 février 2026 était celle de la mise en marche du système d’alerte, qui fait lui-même partie des nouveautés. 

Il constitue en effet une adaptation aux communications numériques désormais instantanées: ces alertes sont censées permettre aux astronomes du monde entier de collaborer plus efficacement, par exemple dans les cas où il faudrait rapidement mobiliser d’autres télescopes pour  suivre un nouvel objet ou récolter davantage d’informations. On pense en particulier à un nouvel objet interstellaire qui traverserait inopinément notre système solaire, comme cela a été le cas à trois reprises dans la dernière décennie. Ou on pense à la capacité d’analyser une supernova —une étoile qui explose— pendant le court moment où le phénomène est à son maximum. Les alertes sont publiques et accessibles à tous.

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