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Il a été suggéré depuis longtemps que les loups ne font pas que « chanter », ils semblent aussi ajuster leurs « chants » à ceux du troupeau. Toutefois, comme une expérience scientifique est difficile à réaliser auprès des loups, des chercheurs ont décidé de se tourner vers leurs plus proches cousins.

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Certains chiens sont en effet réputés pour leurs « chants » —que d’autres appelleraient moins charitablement des hurlements— et ceux-ci sont suffisamment variés pour qu’il doit devenu facile de trouver sur les réseaux sociaux des vidéos de « singing dogs ». Sont-ils capables de s’ajuster aux « chants » des autres chiens, ce qui supposerait qu’ils ne font pas qu’imiter, mais qu’ils perçoivent ce qu’un musicien appellerait la bonne note? 

Les chercheurs en question, dirigés par le psychologue Aniruddh Patel, de l’Université Tufts (Massachusetts), ont donc fait écouter à quatre samoyèdes —un gros chien blanc poilu, utilisé pour la chasse ou comme chien de traîneau— des enregistrements de leurs congénères, mais différant d’un ton ou d’un demi-ton. Dans les quatre cas, les chiens ont montré à une trentaine de reprises qu’ils tentaient d’ajuster leur chant initial à la nouvelle version, bien qu’ils n’aient pas atteint la note parfaite.

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En parallèle, deux shibas —un chien originaire du Japon, qui fut longtemps un chien de chasse— ont échoué ces tests. L’échantillon est bien sûr petit, reconnaissent les chercheurs, dont l’étude est parue dans la revue Current Biology

Ces deux races de chiens avaient été choisies parce qu’il s’agit de deux races anciennes, que l’on croit être plus proches, génétiquement, du loup.

Quant aux loups, certes, ils s’ajustent en fonction du reste du groupe, mais le résultat final n’a rien d’une chorale: les observations dans le passé ont plutôt révélé que chaque individu tentait de hurler sur une note différente. Or, l’hypothèse veut que cela apporterait un avantage biologique: ça donne l’illusion d’entendre un groupe plus important qu’il ne l’est en réalité. Ce qui pourrait tenir à distance d’éventuels concurrents ou prédateurs. 

Les chiens auraient perdu cette capacité à chanter en groupe à mesure qu’ils cessaient de chasser en groupe, puisqu’un sympathique bipède leur apportait le déjeuner. 

Et au passage, ça pourrait même nous apprendre quelque chose sur l’origine lointaine de nos propres talents musicaux, s’il s’avérait que cette capacité à se coordonner avec les sons des autres n’est pas si unique qu’on le croyait.

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