Est-ce là un trait culturel? En un sens, oui, mais beaucoup plus profond que vous ne l’imaginez. Il semblerait que ce soit l’évolution biologique elle-même qui ait façonné cette perception. Notre perception de ce qui rend une personne attirante.
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Claire Conway et ses collègues de l’Université d’Aberdeen, en Écosse, ont montré deux photos pratiquement identiques du même visage souriant (on peut les voir ci-haut). La seule différence entre les deux : sur la photo de droite, la femme ne regarde pas tout à fait l’objectif de la caméra. On a ensuite demandé à des centaines d’étudiants, en laboratoire et en ligne, de noter ces femmes en terme d’attirance sexuelle d’une part, et en terme de beauté d’autre part. Dans les deux cas, autant les hommes que les femmes ont choisi en majorité celle qui regarde directement l’objectif.
Mais il n’y avait pas que la photo souriante. Dans certains cas, le visage n’était pas souriant, mais montrait une mine dégoûtée. Or, même dans ces cas-là, la femme qui regardait l’objectif obtenait une meilleure note. À une importante nuance près : si la femme était souriante, seuls les hommes la notaient mieux; si elle était dégoûtée, hommes et femmes la notaient de façon à peu près égale.
Et c’est justement dans cette dernière différence que les chercheurs voient un lien avec l’évolution biologique. Cette capacité à distinguer les visages souriants des visages dégoûtés, qui nous paraît si évidente, a nécessairement dû apparaître à un moment donné, il y a des millions d’années. Pourquoi cela? Parce que la capacité à percevoir les émotions de l’autre a pris à un moment donné une certaine importance, chez nos lointains ancêtres. Afin de déterminer le bon moment où on peut se permettre d'entreprendre une relation —plutôt que de simplement se fier sur le regard.





