psychedelique

Pourquoi les « champignons magiques » sont-ils associés à toute une série d’effets allant de l’anxiété aux hallucinations? À défaut de pouvoir répondre au « pourquoi », une étude commence à répondre au « comment », en observant pour la première fois des changements physiques dans le cerveau.

Différentes technologies ont en effet révélé une légère modification de l’activité des neurones et ont semblé révéler une augmentation de « l’entropie cérébrale » —un plus grand nombre d’informations traitées par le cerveau. Et ce, après une seule dose. L’étude, parue le 5 mai dans Nature Communications, signée par des chercheurs de quatre pays, précise aussi que ces changements s’accompagnent, après un mois, d’une meilleure sensation de bien-être. 

On n’est toutefois pas capable de dire comment ça marche: autrement dit, comment agit l’ingrédient « psychoactif » —dans ce cas-ci, la psylocybine. 

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Les chercheurs ont donné à 28 volontaires en santé et qui n’avaient jamais pris cette substance, 25 milligrammes de psilocybine. Ils ont examiné leurs cerveaux, avant et après, de trois façons (imagerie par résonance magnétique, électroencéphalographie et imagerie par tenseur de diffusion). Ces 28 personnes ont également fait l’objet de suivis un mois plus tard: ce sont ces suivis qui ont suggéré un lien entre les gens dont les impacts sur le cerveau avaient été les plus forts, et ceux qui affichaient un meilleur bien-être, ainsi que ce que les chercheurs ont appelé dans leur article une meilleure « compréhension psychologique d’eux-mêmes ».

Les effets des substances dites psychédéliques —euphorie, bonheur, mais aussi anxiété, inconforts— sont connus depuis longtemps. Mais leur force a longtemps été jugée inquiétante, en plus des effets à long terme difficiles à évaluer. Ce qui avait poussé la communauté médicale à mettre jadis les freins sur leur utilisation. Mais depuis quelques années, de nouvelles recherches poussent dans l’autre direction, et des effets positifs comme ceux mesurés dans cette étude font miroiter des espoirs sur l’impact que ces substances pourraient avoir contre des problèmes de santé mentale. 

« Personne n’avait correctement testé si et comment le cerveau change lorsque quelqu’un prend des psychédéliques pour la première fois », déclare au Scientific American le psychopharmacologue Robert Carhart-Harris, du département des sciences du cerveau au Collège impérial de Londres. 

Les résultats restent néanmoins préliminaires et posent deux questions importantes: combien de temps dure cet effet, et est-ce que l’effet serait le même chez des personnes qui ne sont pas en bonne santé —physique ou mentale.

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