Fidèle au courant gothique, Benjamin aime composer de la poésie dans les cimetières et les chambres au look macabre avec des murs noirs et des gargouilles monstrueuses. Halloween, le jour où la peur peut être mise en scène et partagée, est évidemment sa fête favorite, tout comme Andréa. Elle, son plaisir passe dans la décoration de sa maison près d’un mois avant le jour J avec des pendus, des crânes et d’autres monstres à donner des frissons.

De nombreuses personnes adorent avoir peur. « Pour certains, la peur peut être agréable », avance la psychologue France Slako. Avoir peur provoque un « rush » d’adrénaline que l’on retrouve aussi dans la pratique des sports extrêmes, comme le parachute ou le saut à l’élastique. Cette excitation est généralement suivie par un état d’apaisement produit par la libération d’endorphine. Cette hormone provoque une véritable euphorie... le temps d’un saut dans le vide ou de l’Halloween.

« Et pourquoi pas? », relève Michel Boileau, thérapeute en relation d’aide et auteur du livre La peur, une alliée possible (Édition du CRAM, 2005). « Le plaisir va naître de l’intensité émotive que la personne éprouve. C’est une peur contextuelle et sécurisante à la fois », pense-t-il. Car lorsqu’on est la tête à l’envers dans un manège de La Ronde ou qu’on frappe à la porte d’une crypte pour aller chercher des bonbons, cette peur sera à la fois temporaire et contrôlée. « Nous sommes malgré tout en sécurité et nous le savons ».

La peur, c’est aussi très personnel. On peut craindre les araignées et pas les chats noirs. Il y a certainement une question d’interprétation de ce qui nous fait peur. « Les fantômes et les zombies, on sait que cela n’existe pas. C’est pour cela que c’est agréable d’en voir même si cela nous donne des frissons. On joue à se faire peur », rappelle France Slako. Et jouer, tout le monde aime ça!