L’étude ne porte toutefois pas sur Twitter, contrairement à ce que plusieurs ont « twitté ». Elle ne porte même pas sur les messages électroniques qui nous submergent par ordinateurs, iPhone et autres Blackberry. L’étude s’intéressait au temps de réaction des cerveaux de 13 volontaires, face à diverses émotions. Tout particulièrement les émotions « sociales », celles par lesquelles nous construisons nos rapports en société.
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« Pour certains types de pensées, nous avons besoin d’un temps adéquat pour réfléchir », explique la neurologue Mary Helen Immordino-Yang dans le communiqué de presse émis par l’Université de Californie du Sud. Certes, notre cerveau est capable de traiter quantité d’informations en une fraction de seconde. Mais pour certaines informations, celles relatives à ces émotions « sociales », comme l’admiration que nous avons pour les autres ou la compassion, les délais pour notre cerveau s’élèvent jusqu’à six ou même 12 secondes.
Quel rapport entre tout cela et Twitter? C’est que, dans son dernier tiers, cette étude, parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, contient ce que plusieurs études du genre contiennent : une « discussion », c’est-à-dire des paragraphes où sont évoquées différentes interprétations possibles des résultats. Et c’est à cet endroit qu’on peut lire que
Pour que des émotions sur la situation psychologique des autres personnes puissent être traitées et vécues, un temps additionnel peut être requis... La rapidité et le traitement parallèle d’informations nécessitant de l’attention, qui est la marque de l’ère numérique, pourraient réduire la fréquence à laquelle nous expérimentons de telles émotions, avec des conséquences potentiellement négatives.
Il se trouve que c’est sur cette spéculation que les auteurs du communiqué de l’Université de Californie du Sud ont choisi de mettre l’accent; c’est de là, « les effets néfastes de Twitter » se sont mérité des articles dans la presse américaine et britannique.
Une chose est sûre : notre cerveau n’est pas aussi préparé qu’on l’imagine à subir un bombardement d’une telle ampleur, et en continu. Mais l’auteure principale de l’étude prend bien soin de souligner qu’elle ne blâme pas les nouveaux outils d’Internet : « ceci n’est pas à propos des outils que vous possédez, c’est à propos de l’usage que vous faites de ces outils ».
Pascal Lapointe





