Intrusion dans la vie privée ou service public? Des caméras de surveillance sur des routes australiennes, avec l’aide d’un peu d’intelligence artificielle, ont permis de prendre sur le fait, en un an et demi, 270 000 automobilistes… qui utilisaient leur téléphone en conduisant.

Sur un total de 130 millions de véhicules, c’est peu, mais c’est tout de même une multiplication par cinq des automobilistes pris sur le fait —et qui ont reçu une amende. Le ministère des Transports de la province des Nouvelles-Galles du Sud, où a eu lieu cette expérience, affirme que, selon leurs évaluations, la publicité autour de ces caméras aurait contribué, depuis 2019, à réduire le nombre d’automobilistes qui parlent au téléphonent ou consultent leurs messages. L’expérience vient de commencer dans la province voisine du Queensland.

Le principe derrière l’intelligence artificielle est le même que celui qui permet à un logiciel de reconnaître un visage: avec suffisamment de paramètres, le logiciel devient capable de distinguer une ombre ou une tache sur le pare-brise, d’un « objet » que le conducteur tient dans sa main. Le ministère n’a pas fourni de chiffres sur le pourcentage de « bonnes réponses » mais une étude de l’Université Monash, en Australie, qui avait été effectuée en 2019 en vue de cette expérience, avait évalué que l’usage de caméras de surveillance à cette fin pourrait prévenir 19 décès sur la route par année.

Également citée est une étude britannique qui avait estimé que le temps de réaction du conducteur augmenterait de 50% lorsqu’il utilise un appareil via un écran tactile, y compris un écran tactile intégré dans le véhicule.

Crédits photo: ministère des Transports du Queensland